Réunion régionale de suivi de CONFINTEA VI en Amérique latine / Caraïbes

© UNESCO Institute for Lifelong Learning

Une réunion régionale intitulée « De la parole aux actes : faire avancer l’agenda de CONFINTEA » s’est déroulée à Mexico du 25 au 27 mai 2011, pour la région Amérique latine et Caraïbes. Il s’agit de la première réunion régionale de suivi depuis CONFINTEA VI tenue au Brésil en 2009.

Environ 250 participants issus de 48 États membres (en partie d’autres régions) se sont rassemblés pour débattre et concevoir des actions régionales qui transposent et suivent les recommandations du Cadre d’action de Belém. Parmi ces participants figuraient quatre ministres, trois vice-ministres, des représentants d’organisations gouvernementales et non gouvernementales internationales et régionales ainsi que de plusieurs bureaux de l’UNESCO et des observateurs mexicains.

La réunion a été organisée par l’Institut national mexicain pour l’éducation des adultes (INEA) en coopération avec l’Institut de l’UNESCO pour l’apprentissage tout au long de la vie (UIL), le bureau régional de l’UNESCO à Santiago du Chili et le bureau de l’UNESCO de Mexico. Le Gouvernement du Mexique a accueilli et généreusement soutenu cette réunion régionale ainsi que la seconde réunion du comité consultatif CONFINTEA, qui s’est tenue immédiatement après, le 28 mai.

M. Arne Carlsen, nouveau directeur de l’UIL, a inauguré la réunion avec M. Juan de Dios Castro Muñoz, directeur général de l’INEA, et M. Arturo Hernández Basave, directeur général du système des droits de l’homme des Nations Unies auprès du ministère mexicain des Affaires étrangères (SRE).

M. Carlsen a souligné le rôle central de l’éducation, de l’apprentissage et de l’alphabétisation des adultes, qui sont les élements clés de systèmes holistiques et exhaustifs d’apprentissage tout au long de la vie pour faire face aux défis actuels et futurs ainsi qu’à l’évolution rapide des sociétés. Il a estimé déplorable que la situation existant il y a plus d’un demi-siècle perdure aujourd’hui, à savoir « que la majorité des humains continuent à vivre confrontés à la faim et l’injustice et à mourir dans la misère et l’ignorance ». Replaçant son intervention dans une perspective historique, il a cité l’ancien directeur général de l’UNESCO de nationalité mexicaine, M. Jaime Torres Bodet, qui inaugura la première CONFINTEA en 1949. Et rappelant les engagements contractés par les États membres dans le Cadre d’action de Belém de mettre en place et de suivre la progression de l’apprentissage des adultes, il a souligné la nécessité de transposer les bonnes intentions en actions concrètes. Il a conclu en évoquant le potentiel du Mexique à inspirer d’autres pays de la région et même au-delà par sa participation dynamique au comité consultatif CONFINTEA.

Le directeur général de l’INEA a souhaité la bienvenue aux représentants des 48 pays et inauguré les travaux de la réunion au nom du ministre de l’Éducation publique, M. Alonso Lujambio. Dans son allocution, il a rappelé la nécessité absolue d’exploiter tous les moyens de promouvoir l’éducation des jeunes et des adultes. M. Arturo Hernandez Basave a insisté sur le fait que le droit à l’éducation doit s’appliquer à tout être humain, et par conséquent que les politiques publiques doivent préparer le terrain pour faire de l’éducation des jeunes et des adultes une réalité. Ce serait la démarche idéale pour supprimer la pauvreté et pour renforcer les droits fondamentaux et la loi des peuples.

Dans son discours d’orientation, M. André Lázaro, responsable de CONFINTEA VI au Gouvernement du Brésil et actuellement secrétaire exécutif des droits fondamentaux au ministère brésilien du même nom, a illustré l’importance d’appréhender l’éducation comme un droit fondamental. Considérant le programme de CONFINTEA VI et cette réunion régionale de suivi, il a signalé que la « rhétorique » sur l’éducation et l’apprentissage des adultes ne doit pas être sous-évaluée. Précisément dans la région de l’Amérique latine, la rhétorique a toujours joué un rôle important dans le lancement de nouveaux processus. Elle doit demeurer un aspect central dans la promotion de l’éducation et de l’apprentissage des adultes et dans le suivi de CONFINTEA VI.

Au cours des trois journées de réunion, les participants issus de la région ont échangé, dans le cadre de tables rondes plénières, leurs expériences avec les avancées, les défis et les prévisions quant au suivi dans leurs pays respectifs des engagements pris dans le Cadre d’action de Belém. Ils ont abordé notamment l’évolution dans les politiques, la gouvernance, le financement, la participation, l’inclusion, l’équité et la qualité. Les groupes de travail parallèles ont constitué un espace pour débattre et proposer des actions régionales de sensibilisation, de mise en oeuvre, de coopération et de suivi.

À partir d’un projet de matrice pour la mise en oeuvre et le suivi au niveau mondial de CONFINTEA VI élaboré par l’UIL, un projet de document régional semblable a été conçu. Produits majeurs de la réunion, 55 actions concrètes de portée nationale et régionale ont été suggérées, qui feront l’objet d’une sélection. Le directeur du bureau UNESCO-OREALC, M. Jorge Sequeira, a présenté ces actions le troisième jour à l’ensemble des participants.

Une table ronde finale a donné aux ministres, vice-ministres et délégués des organisations régionales l’occasion de commenter les actions proposées et les questions soulevées au cours des trois journées. Dans leurs déclarations, les intervenants ont réitéré leur engagement d’appliquer les recommandations du Cadre d’action de Belém, de transposer les actions régionales dans leurs pays, d’augmenter les affectations budgétaires, ce qui est une responsabilité fondamentale des gouvernements, et aussi de documenter et diffuser les pratiques efficaces. En tant qu’impacts importants de la réunion, ils ont cité leur motivation renforcée pour agir, la matrice orientée sur l’action laissant une marge d’adaptation à de nombreux contextes et défis, la réussite de la pleine intégration de l’expérience des Caraïbes dans la rencontre, et le consensus général sur des efforts concertés pour faire progresser le programme du Cadre d’action de Belém.

La réunion a été officiellement close par le ministre mexicain de l’Éducation publique, M. Alonso Lujambio, qui a précisé la volonté du Mexique de « partager les résultats pour construire ensemble une région Amérique latine-Caraïbes meilleure et plus équitable pour tous », grâce au soutien des organisations internationales, et aussi en apprenant les uns des autres.

Matrice régionale de suivi pour l’Amérique latine et les Caraïbes (en anglais)