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Mobiliser l'enseignement supérieur pour accélérer l'apprentissage tout au long de la vie et l'alphabétisation en Afrique subsaharienne

15 juin 2017

L'Afrique subsaharienne abrite une population dynamique de jeunes et d'adultes qui compte pour un septième de la population mondiale. Cependant, près de la moitié des jeunes et d'un quart des adultes du monde disposant d'un faible niveau d'alphabétisme vivent dans cette région. Des décennies de faibles progrès en matière de taux d'alphabétisme ont rendu nécessaire, malgré un engagement renouvelé et une action coordonnée professés pour toute la région, d'explorer de nouvelles méthodes plus innovantes pour améliorer les opportunités d'apprentissage tout au long de la vie et d'alphabétisation pour les adultes.

L'« Agenda 2063 », cadre stratégique créé par l'Union africaine pour la transformation socioéconomique du continent, a été mis en œuvre pour la réalisation d'objectifs ambitieux en matière d'alphabétisation. Ce plan d'action s'inscrit également dans le cadre de l'Objectif 4 de développement durable (ODD4) pour « assurer l'accès de tous à une éducation de qualité, sur un pied d'égalité et promouvoir les possibilités d’apprentissage tout au long de la vie », en définissant les objectifs prioritaires en ce qui concerne l'Afrique. L'une des voies à explorer pour relever ce défi est l'exploitation des ressources qui existent dans la région, en particulier dans les secteurs de l'enseignement supérieur et de l'apprentissage à distance.

Collaborer pour des stratégies plus ambitieuses et des progrès plus sensibles

« Comment identifier, mobiliser et déployer efficacement ces ressources pour le développement de l'alphabétisme et des compétences de base en faveur de tous ? » Cette question a été examinée lors d'un atelier sous-régional organisé par l'Institut de l'UNESCO pour l'apprentissage tout au long de la vie (UIL), par le Bureau régional de l'UNESCO pour l'Afrique de l'Est et par l'Université de Nairobi en collaboration avec le Bureau de l'UNESCO d'Abuja à Nairobi, au Kenya. L'atelier, qui s'est déroulé du 13 au 15 juin 2017, a rassemblé des acteurs de l'éducation, avec parmi eux des hauts représentants du milieu universitaire venus d'Éthiopie, du Kenya et du Nigéria, pour qu'ils puissent discuter et formuler des recommandations pratiques afin de mobiliser les ressources de l'enseignement supérieur et de l'enseignement à distance pour accélérer le développement durable et de l'alphabétisme.

Au cours de son discours liminaire, Paul Tiyambe Zeleza, président et professeur en Sciences sociales et humaines à la United States International University-Africa de Nairobi, a rappelé que malgré les nombreux défis rencontrés par les instituts africains d'enseignement supérieur, ceux-ci ont fourni un travail de recherche décisif en matière de développement durable. Il a ajouté que dans plusieurs pays d'Afrique, la recherche menée par les universités est à l'origine de connaissances cruciales et de ressources humaines qualifiées, toutes deux nécessaires pour que l'Afrique subsaharienne puisse relever les principaux défis socioéconomiques qu'elle rencontre.

L'atelier a rassemblé d’éminents spécialistes  d'Afrique, enthousiastes à l'idée de mener ce programme continental d'alphabétisation à bien au sein de leur propre pays et au-delà. Après trois jours de débats intenses, les participants ont formulé des propositions de stratégies pour la mobilisation des atouts et des ressources de l'enseignement supérieur et à distance afin de relancer les progrès dans la réalisation de l'ODD4 et des objectifs d'alphabétisation de l'Agenda 2063 dans leurs pays respectifs. Les principales actions stratégiques proposées dans le document rédigé à l'issue de l'atelier sont les suivantes :

  1. Les instituts d'enseignement supérieur peuvent créer des programmes flexibles qui pourront aider à former des facilitateurs dans le domaine de l'alphabétisation pour les zones enregistrant les taux les plus bas d'alphabétisme.
  2. Les universités peuvent soutenir le développement des capacités de mise en œuvre des organismes gouvernementaux responsables de l'apprentissage et de l'éducation des adultes.
  3. Les universités peuvent apporter les données nécessaires pour la planification de programmes pertinents en faveur de l'apprentissage tout au long de la vie, de l'éducation des adultes et de la formation continue
  4. Les instituts d'enseignement supérieur peuvent mener des projets des recherche-action portant sur des questions et des défis cruciaux, par exemple sur les causes de disparités profondes et persistantes entre les genres.
  5. Les universités peuvent militer et mener des actions pour augmenter le niveau de financement de l'alphabétisation des jeunes et des adultes.
  6. Les universités et les centres d'apprentissage à distance pourraient promouvoir et faciliter l'utilisation de technologies de l'information et de la communication (TIC) appropriées, en particulier de la technologie mobile, pour étendre les opportunités d'alphabétisation.