Accueil

La Micro-Folie, un outil pour apprendre tout au long de la vie

14 octobre 2020

Le 19 septembre 2020, la ville apprenante de l'UNESCO d’Évry-Courcouronnes a lancé le musée numérique Micro-Folie et l’espace d’activités pédagogiques conçus avec et pour les habitants de la ville. Ce projet est soutenu par le ministère de la Culture, en collaboration avec une douzaine de musées nationaux français, ainsi que par l’association SIANA, qui promeut les liens entre l’art et la science. Nous avons demandé à Alexandra LION de la ville apprenante d’Évry-Courcouronnes de nous expliquer en quoi consiste la micro-folie.

Écrit par Alexandra LION, chargée de mission Ville Apprenante pour la ville d’Évry-Courcouronnes.

Dans notre ville apprenante, permettre un accès à la culture pour tous, sensibiliser aux pratiques artistiques les populations qui en sont les plus éloignées et s’appuyer sur la créativité des habitants afin qu’ils soient acteurs de la vie culturelle sont quelques-uns des enjeux de la micro-folie qui a ouvert ses portes à Évry-Courcouronnes.

Le concept de micro-folie, né sous l’impulsion d’Audrey AZOULAY, alors ministre française de la Culture, aujourd’hui directrice générale de l’UNESCO, et coordonné par l’établissement public du parc et de la grande halle de la Villette à Paris, associe douze institutions culturelles majeures, dont le Château de Versailles, le Centre Pompidou, le Louvre, le musée national Picasso, le musée du Quai Branly, la Philharmonie de Paris, le Grand Palais ou l’Opéra de Paris. Il est pensé comme un lieu culturel global, connecté, modulable et gratuit.

Ces espaces permettent en effet tout à la fois de parcourir les collections numériques des grands musées nationaux à l’aide d’écrans connectés et de dispositifs de médiation, d’accueillir des spectacles de toutes formes, de favoriser les échanges entre artistes, associations locales, médiateurs, habitants, la micro-folie étant un lieu de culture en même temps qu’un lieu de vie. Il s’agit aussi de favoriser les sorties en dehors du quartier, notamment dans les institutions partenaires. La micro-folie permet également de créer un lien entre la culture et le monde du numérique et les nouvelles technologies.

Chaque micro-folie est différente, adaptée au contexte local et travaillée avec la collectivité territoriale d’accueil. Le projet qui y est développé est partagé avec les artistes installés localement, comme avec les acteurs culturels, socio-culturels, et les habitants eux-mêmes. C’est ainsi que la Société des centres commerciaux d’Évry-Courcouronnes a souhaité participer au projet en mettant à disposition de la ville une cellule commerciale. Cette implantation de la micro-folie en plein centre commercial donne une visibilité forte au projet compte tenu des flux importants de publics qui y circulent et permettent de capter des populations qui n’auraient peut-être pas fait le pas d’aller dans un musée.

Concrètement la Micro-Folie d’Évry-Courcouronnes, ce sont quatre espaces :

  • Le musée numérique/espace scénique : composé d’un grand écran et d’une quinzaine de tablettes, celui-ci réunit plusieurs centaines de chefs-d’œuvre de nombreuses institutions nationales et au-delà. C’est une véritable galerie d’art virtuelle proposant donc une offre culturelle unique. Commun à toutes les micro-folies, le musée numérique est une porte ouverte sur la diversité des trésors de l’humanité ; beaux-arts, architecture, cultures scientifiques, spectacle vivant... Cette galerie virtuelle incite à la curiosité, s’adresse à tous les publics, et se décline en un véritable outil d’éducation artistique et culturelle en permettant de découvrir, à côté de chez soi, les trésors des plus grandes institutions nationales et de toutes les institutions partenaires. Numérisées en très haute définition, les œuvres de cette galerie éclectique émerveillent, surprennent, interpellent. Ce musée très simple d’accès peut être une première étape avant de visiter les institutions voisines. Il est disponible en plusieurs langues. Le mode « visiteur libre » permet de laisser le musée numérique en libre accès à tous. Chacun peut suivre sa propre navigation, entre l’écran et sa tablette, en lisant les cartels conçus par les conservateurs des musées, en découvrant les secrets des tableaux, en jouant…. Le mode « conférencier » permet d’organiser des visites thématisées et programmées pour les groupes. Véritable outil d’éducation artistique et culturelle, le musée numérique devient un support de médiation incroyable pour les professeurs et les animateurs.

Cet espace peut également se transformer en espace scénique pour accueillir bals, représentations théâtrales, séances de cinéma, concerts, conférences. La micro-folie est un lieu de création et d’échanges. Des spectacles sont organisés régulièrement en lien avec les artistes, les structures culturelles et les associations locales.

  • Le FabLab : équipé en machines 3D, brodeuses numériques ou encore découpeuses vinyle, cet espace s’adresse à tous ceux qui souhaitent développer leur créativité, qu’il s’agisse de designers, d’artistes, d’étudiants, de bricoleurs. Il est possible d’y mettre en place de nombreux ateliers de formation, de découverte, des ateliers d’arts plastiques.
  • L’espace de convivialité : des fauteuils, des livres, des jeux de société. Cet espace de rencontres est à vocation ludique et conviviale, laissant notamment la part belle aux enfants et aux familles.
  • L’espace de réalité virtuelle : Une borne y est présente en permanence avec la possibilité de découvrir de nombreux films réalisés par la chaine ARTE. Les associations, étudiants et toutes personnes compétentes dans ce domaine ont également la possibilité de présenter leurs films sur une quinzaine de casques VR (virtual reality) indépendants.

Mais ouvrir une micro-folie, c’est aussi prendre part à un réseau permettant de mutualiser des moyens, de soutenir les artistes et les associations locales à travers une coopérative artistique. En effet, la coopérative de la micro-folie permet de disposer de contenus et d’outils pour lancer et animer cet équipement ; toutes les collections du musée numérique, les contenus fournis par les institutions partenaires (les programmes de réalité virtuelle ARTE 360°, des applications avec Radio France, des web docs…), des outils de médiation (la mallette pédagogique de la Réunion des musées nationaux — Grand Palais, des tutoriels d’ateliers, notamment), des formations (en particulier par la prise en main du musée numérique ou les ateliers FabLab). Ces contenus sont enrichis de ceux proposés par les partenaires locaux. Ainsi, à Évry-Courcouronnes l’association SIANA, qui promeut les cultures numériques, ou les grandes écoles présentes sur le territoire – l’École nationale supérieure d’informatique pour l’industrie et l’entreprise (INSIIE), l’Institut Mines-Télécom Business School (IMT-BS), et Télécom SudParis Institut Polytechnique de Paris (TSP), le collectif BKE, Planète Sciences ou le réseau Canopé sont particulièrement impliqués dans le projet. Ce fonctionnement en réseau permet également de participer à des événements communs comme le lancement d’une nouvelle collection du musée numérique ou les rendez-vous institutionnels et opérationnels du réseau. Il permet enfin de garantir l’enrichissement de l’offre culturelle en offrant une sélection de propositions éclectiques, émanant des territoires, des différents partenaires et des scènes labellisées. Adaptée à l’activité des micro-folies, cette base permet au responsable de puiser des idées de programmation pour l’animation de son lieu.

Ainsi, véritable plateforme culturelle de proximité, le projet Micro-Folie est au service des acteurs de terrain pour animer le territoire, en créant un nouveau lieu de vie convivial et accessible à tous, et réduire les inégalités géographiques, en offrant aux habitants un accès aux trésors des plus grandes institutions culturelles régionales, nationales et internationales. Un bel outil pour apprendre tout au long de la vie, un programme ambitieux avec et pour les habitants d’Évry-Courcouronnes !