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Les villes apprenantes de l’UNESCO répondent au COVID 19 – Résultats du webinaire du 20 mai

12 juin 2020

Dans le cadre de sa série de webinaires actuellement en cours et destinée aux membres du Réseau mondial des villes apprenantes de l’UNESCO (GNLC), l’Institut de l’UNESCO pour l’apprentissage tout au long de la vie (UIL) a organisé le 20 mai 2020 un webinaire sur les nouveaux partenariats en matière de gouvernance de l’éducation pendant la pandémie de COVID 19. Des représentants de l'Organisation mondiale des cités et gouvernements locaux unis (CGLU), de l’Autorité sud-africaine chargée des qualifications (SAQA) et du ministère de l'Éducation des Philippines ont fait des présentations sur les perspectives nationales et internationales en matière de nouveaux partenariats, suivies d’informations locales de la ville apprenante de l'UNESCO de Seodaemun-gu en République de Corée.

Au nom de l'UIL, M. Alex Howells a ouvert le webinaire. Il a expliqué que, dans le contexte du COVID-19, la gouvernance intersectorielle de l'éducation avait pris un nouveau tournant avec la création de nouveaux partenariats en quelques jours et quelques semaines. Dans les pays et les villes du monde entier, l'éducation formelle s’est effectuée en ligne et les écoles ont cédé une part de leur responsabilité aux prestataires d'apprentissage en ligne et aux parents. Tenant compte du fait que les groupes vulnérables sont confrontés à des difficultés d'accès à l'apprentissage en ligne, les nouveaux partenariats conclus avec des entreprises technologiques ont aidé les municipalités à étendre la couverture Internet et l'accès aux appareils en un temps relativement court.

Dans le même temps, les universités sont passées à l'apprentissage en ligne tout en participant à de nouveaux partenariats en dehors des cours traditionnels − de nombreuses institutions ont mis en place des cours pour adultes en accès libre et mis à profit l'expertise de leurs facultés de médecine pour mener des campagnes de sensibilisation en matière de santé et contribuer aux progrès médicaux dans la lutte contre le virus. L'éducation des adultes a en outre été stimulée par les entreprises, les fournisseurs numériques, les bibliothèques et les universités, qui ont ouvert des ressources d'apprentissage auparavant limitées. Tous ces nouveaux partenariats et accords attestent d’un changement immédiat dans la gouvernance de l'éducation, mais ils vont aussi avoir des effets à long terme dans la mesure où les acteurs qui coopèrent pour élargir l'offre éducative seront plus nombreux.

L'Organisation mondiale des cités et gouvernements locaux unis (CGLU)

Mme Sara Hoeflich de Duque, directrice de la CGLU Apprentissage, a expliqué que la majorité des membres de la CGLU sont des associations de gouvernements locaux. La CGLU travaille dans une optique d’apprentissage, mais avant tout de plaidoyer : en plus d'être une agence reconnue par l'ONU, la CGLU coordonne les réseaux de villes à travers un « groupe de travail mondial ». L’apprentissage porte sur la coopération décentralisée et le renforcement des capacités au niveau local, ainsi que sur le partage et le transfert de connaissances entre les villes. La CGLU s’emploie également à établir des liens entre l'agenda mondial et le développement local − en particulier le Programme de développement durable à l’horizon 2030 – compte tenu du fait que les gouvernements sont les principaux responsables de la mise en œuvre des objectifs de développement durable. Au fur et à mesure que la propagation du COVID-19 s’accélérait, les dirigeants politiques représentés par la CGLU ont voulu apprendre les uns des autres, de sorte que la CGLU a lancé un processus de consultation intitulé « Au-delà de la réponse immédiate à l'épidémie de COVID-19 ». Lors de cette consultation, les gouvernements locaux ont cité l'éducation comme étant une priorité particulière. Même si l'intervention directe dans l'éducation se limite au niveau local, les gouvernements locaux coordonnent des partenariats publics-privés pour entretenir les écoles, les garderies, les soins aux personnes âgées et d'autres services – et assurent la fonctionnalité de ces services.

L’Autorité sud-africaine chargée des qualifications (SAQA)

Mme Julie Reddy, PDG par intérim de la SAQA, a commencé son intervention en présentant la théorie de l' « agentivité relationnelle » et sa pertinence pour la création de nouveaux partenariats en matière de gouvernance de l'éducation. Elle a expliqué que l’agence relationnelle transgresse les limites des pratiques traditionnelles afin de créer des connaissances communes et de comprendre les motivations des divers collaborateurs. Le fait de franchir ces limites est essentiel si l’on veut former un nouveau partenariat et s’est avéré concluant au niveau national en Afrique du Sud. Lorsque le COVID-19 a commencé à se répandre en Afrique du Sud, le président a créé le Centre national de gestion de la pandémie du COVID 19, qui a consulté les ministères, les entreprises, les syndicats, les organisations citoyennes, des experts et des professionnels de la santé. Dans le domaine de l’éducation, le Département de l'éducation de base et le Département de l'enseignement supérieur et de la formation se sont engagés à assurer la continuité de l'enseignement.

Dans le secteur de l’enseignement formel, des partenariats ont été créés pour offrir des modules complets de soutien à l'apprentissage dans six domaines : apprentissage en ligne; communication et diffusion; nutrition; santé et hygiène; contrôle et évaluation; engagement des enseignants. Divers prestataires − dont le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), Heartlines (organisation pour le changement social), des entreprises privées et plusieurs fournisseurs de réseaux − ont collaboré pour fournir ces programmes de soutien. Dans le secteur de l'éducation des adultes, un appel a été lancé auprès des organisations confessionnelles, des ONG et des dirigeants communautaires pour qu’ils mettent leurs infrastructures à la disposition des apprenants adultes qui se préparent au Certificat d’enseignement général et professionnel.

Seodaemun-gu, ville apprenante de l’UNESCO, République de Corée

M. Mun Seok-Jin, maire de Seodaemun-gu, a commencé par évoquer diverses mesures mises en place en République de Corée pour assurer la continuité de l’enseignement scolaire et de l'éducation des adultes. Ces mesures comprennent le soutien aux TIC et la fourniture de dispositifs de réseau sans fil aux écoles afin de dispenser des cours en ligne, la création d'un centre d'enseignement tourné vers l'avenir, la mobilisation d'aides pédagogiques pour renforcer les compétences en ligne des enseignants et l'octroi de subventions aux écoles et cours privés en tant qu’alternative aux écoles publiques qui ont été fermées. M. Mun a souligné la nécessité, pour les villes, d’adopter des « approches créatives » pour garantir l’offre éducative, étant donné leur manque de pouvoir direct sur le système éducatif public ; à Seodaemun-gu, une de ces approches créatives a consisté à distribuer des « kits d'expérience professionnelle » conçus pour aider les jeunes à rechercher des possibilités de carrière.

La ville de Seodaemun-gu a mis en place plusieurs partenariats en matière de gouvernance de l'éducation pendant la pandémie de COVID-19. Tout d’abord, le gouvernement municipal a signé un protocole d’accord avec la Direction de l’éducation du district ouest de Séoul afin de renforcer les systèmes d’apprentissage à distance. Le gouvernement municipal de Seodaemun-gu a également travaillé directement avec 40 écoles locales et fourni un soutien financier de deux millions de dollars US destiné à l'acquisition d’ordinateurs tablettes et à l'extension des réseaux sans fil. Cette initiative était destinée aux étudiants moins favorisés qui n'avaient peut-être pas les moyens d'accéder aux cours en ligne. Le gouvernement s'est également associé à l'Université nationale de Séoul pour développer deux nouveaux programmes : une formation à la citoyenneté; et un programme de renforcement des capacités pour les futurs enseignants. En collaboration avec l’Ewha Woman’s University, un groupe de 50 mentors a été créé pour soutenir les jeunes de la région grâce à l’apprentissage à distance. Enfin, le gouvernement municipal de Seodaemun-gu a formé des partenariats avec des groupes d'experts, par exemple à travers le nouveau comité du « Convergence Talent Education Center », auquel participent des professeurs d'université, des directeurs de centres, des directeurs d'établissements scolaires et des spécialistes en éducation.

Philippines

M. Jesus Mateo, du Département d’éducation des Philippines, a présenté diverses mesures en matière de gouvernance de l'éducation prises par les Philippines au niveau national pendant la pandémie de COVID-19. Le ministère de l'Éducation a élaboré un Plan de continuité de l'apprentissage de l'éducation de base, qui fournit des conseils sur les moyens d’enseigner tout en assurant la santé, le bien-être et la sécurité des apprenants. Le plan a été élaboré selon une approche participative, avec la contribution de diverses unités du ministère de l'Éducation ainsi que du Forum philippin pour l'éducation de base inclusive, qui se compose d’organismes multilatéraux et bilatéraux, ainsi que d’organisations non gouvernementales et d’organisations de la société civile. En outre, une enquête en ligne a été réalisée auprès des enseignants et des élèves afin qu’ils soumettent leurs suggestions au ministère de l'Éducation, le but étant de savoir à quel moment et selon quelles modalités les cours devaient se dérouler. Des efforts ont été déployés pour s'assurer que divers groupes d'acteurs de l'éducation soient impliqués dans la mise en œuvre du Plan de continuité de l'éducation de base. Bien que piloté au niveau national, le Plan a été contextualisé par les bureaux régionaux au moment de sa mise en œuvre. Le ministère de l'Éducation projette également de travailler avec des partenaires, y compris les spécialistes des installations sanitaires qui peuvent aider à la réouverture sécurisée des écoles.

Débat

Au cours du débat, Mme Marie Macauley (UIL) a relayé des questions sur les étapes pratiques pour créer, à l’heure actuelle, de nouveaux partenariats en matière de gouvernance de l'éducation, sur les processus en place qui permettent de déterminer quels partenariats ont été créés, et sur les difficultés susceptibles d’entraver leur pérennité. Mme Hoeflich de Duque a répondu que, pour créer des partenariats, il faut des facilitateurs et faire une délimitation claire entre le public et le privé. Il est important que les gouvernements locaux restent au centre du partenariat afin de garantir qu'il fonctionne dans l'intérêt public. La pandémie offre une grande opportunité de créer des partenariats, mais il faut être absolument clair sur les engagements de chacun envers le système de gouvernance − chaque partenaire doit savoir exactement dans quelle mesure il peut contribuer et pour combien de temps. Mme Hoeflich de Duque a également souligné les risques encourus, affirmant que si l’on ne définit pas de politiques en matière de partenariats, les gouvernements locaux peuvent finir par être gérés par des partenaires. Mme Reddy a fait remarquer qu’on ne pouvait pas se permettre de planifier minutieusement si l’on voulait apporter des réponses immédiates à la pandémie, et que les partenariats se sont donc formés très rapidement; il est néanmoins essentiel de reconnaître la valeur ajoutée qu’apporte chaque partenaire. La société civile et les points de vue des communautés doivent également être pris en considération lors de la création de partenariats. M. Mun a souligné l'importance de maintenir le dialogue pendant la pandémie en communiquant régulièrement avec les enseignants, les parents et les autres parties prenantes. À la fin du débat, M. Mateo a déclaré que la législation peut utilement contribuer à la création de partenariats.

Webinaires du GNLC

Cet événement en ligne faisait partie de la série de webinaires du GNLC intitulée « Les villes apprenantes de l'UNESCO répondent au COVID-19 ». Conçus comme une opportunité, pour les membres du Réseau mondial des villes apprenantes de l'UNESCO (GNLC), de partager des initiatives locales réussies pendant la pandémie, les webinaires attirent régulièrement des centaines de représentants de villes et d'autres parties prenantes, y compris des non-membres. Des villes de différentes régions du monde font des présentations et les participants prennent part à des débats stimulants sur la meilleure façon de faire face à la situation actuelle - à savoir, comment atténuer ses pires effets et, d'une certaine manière, saisir des opportunités inattendues. Cliquez sur les liens ci-dessous pour lire les résumés des onze précédents webinaires.

Réponses des villes apprenantes de l’UNESCO au COVID-19 : les prisons et l’éducation en milieu carcéral. Résultats du webinaire du 13 mai

Réponses des villes apprenantes de l’UNESCO au COVID-19 : apprentissage ouvert et à distance. Résultats du webinaire du 6 mai

Réponses des villes apprenantes de l’UNESCO au COVID-19 : santé mentale, santé physique et bien-être. Résultats du webinaire du 29 avril

Réponses des villes apprenantes de l’UNESCO au COVID-19 : les cas d’Évry-Courcouronnes (France), Chefchaouen (Maroc), Mayo-Baléo (Cameroun) et de l’Association internationale des Maires Francophones (AIMF). Résultats du webinaire du 23 avril

Réponses des villes apprenantes de l’UNESCO au COVID-19 : mesures déployées par les villes pour les migrants et réfugiés dans le contexte de la pandémie du COVID-19. Résultats du webinaire du 22 avril.

Réponses des villes apprenantes de l’UNESCO au COVID-19 : soutien des établissements d’enseignement supérieur aux communautés locales. Résultats du webinaire du 15 avril.

Réponses des villes apprenantes de l’UNESCO au COVID-19. Les cas de Mexico (Mexico), Bogotá (Colombie), Lima (Pérou). Résultats du webinaire du 9 avril. 

Réponses des villes apprenantes de l’UNESCO au COVID 19 : apprentissage familial et soutien de la communauté. Les cas de Gdynia (Pologne) et Cork (Irlande), ainsi que contributions par des experts d’Allemagne et du Pakistan. Résultats du webinaire du 8 avril.

Réponses des villes apprenantes de l’UNESCO au COVID 19 : équité et inclusion. Les cas de Espoo (Finlande), Chengdu (République populaire de Chine), Swansea (Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord). Résultats du webinaire du 1er avril.

Réponses des villes apprenantes de l’UNESCO au COVID 19. Les cas de Osan (République de Corée), Wuhan (République populaire de Chine), Turin (Italie), São Paulo (Brésil). Résultats du webinaire du 24 mars.

Réponses des villes apprenantes de l’UNESCO au COVID 19. Les cas de Shanghai et Pékin  (République populaire de Chine), Fermo (Italie), Kashan (République islamique d’Iran). Résultats du webinaire du 19 mars.

Ne manquez pas l’occasion de participer à nos prochains webinaires. Pour plus de détails, consultez le site  https://uil.unesco.org/fr/apprendre-au-long-vie/villes-apprenantes/villes-apprenantes-lunesco-repondent-au-covid-19

Regardez nos entretiens vidéo avec les maires et d’autres représentants des villes apprenantes de l’UNESCO sur les réponses au COVID-19 sous https://www.youtube.com/playlist?list=PLivu_GCiL2mjYQOp64hcvzGNsC75QKSLw