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Apprentissage familial – Apprendre ensemble, Suède

  • Date published:
    6 février 2017

Présentation générale du programme

Titre du programme Apprentissage familial – Apprendre ensemble
Organisation chargée de la mise en œuvre Municipalité de Linköping, Suède
Langues d’enseignement Suédois, arabe et somali (d’autres langues sont prévues)
Coûts annuels du programme 57.000 USD (2015).
Coût annuel par apprenant : 172 USD (2015)
Date de création 2013

Contexte national

Troisième pays de l’Union européenne par sa superficie, la Suède est relativement peu peuplée, avec 9,8 millions d’habitants, pour une faible densité de 24 habitants au kilomètre carré (Banque mondiale, 2015). Toutefois, sa population a considérablement augmenté ces dernières années. En 2014, elle a cru de 0,9 pour cent, un niveau annuel jamais atteint depuis 70 ans. L’immigration constitue le principal facteur de cette croissance.

En 2014, l’immigration a augmenté de 10 pour cent, avec un chiffre record de 127.000 immigrants (OCDE, 2015). Les Syriens constituent le plus grand groupe d’immigrés (17 pour cent), suivis des Suédois rentrant au pays (16 pour cent). Beaucoup d’immigrés fuient les zones de conflit en Syrie, en Afghanistan ou en Somalie, augmentant ainsi le nombre de demandeurs d’asile (OCDE, 2015). Cette tendance persiste à cause des conflits armés en cours. En décembre 2014, le pays comptait 1,6 million de résidents étrangers, soit 17 pour cent de la population (OCDE, 2015).

Les immigrés de langue étrangère ont généralement un faible niveau d’alphabétisme et de suédois, mais aussi des notes nettement plus faibles que les Suédois de souche (OCDE, 2015). Cela n’est pas surprenant puisque le suédois n’est pas leur langue maternelle. Cependant, l’écart de niveaux d’alphabétisme observé en Suède entre immigrés et Suédois de souche est le plus grand parmi les 21 pays industrialisés examinés par l’OCDE en 2015. En outre, les adultes étrangers ont beaucoup plus de mal à intégrer le marché du travail local que les Suédois de souche. L’écart entre ces deux groupes de résidents était des plus élevés parmi les pays de l’OCDE en 2012 (OCDE, 2015).

Linköping, une municipalité d’environ 150.000 habitants, fait partie des villes suédoises à croissance démographique rapide, principalement liée à l’arrivée d’un nombre croissant d’immigrés. Environ 16 pour cent de sa population, soit 21.000 habitants, sont nés à l’étranger, et les Irakiens (3.736) et les Somaliens (2.019) arrivent largement en tête. Les Syriens constituent la communauté étrangère qui croît le plus vite (Linköping, 2015). Linköping est devenue une ville multiculturelle aux quartiers hétérogènes. Toutefois, les résultats des écoliers de ces quartiers ont tendance, en moyenne, à être inférieurs à ceux des élèves des écoles des quartiers plus homogènes. Plusieurs raisons expliquent cette situation. D’une part, les enfants arrivés récemment ont généralement un niveau faible en suédois. D’autre part, les parents d’origine étrangère ne peuvent pas ou ne veulent pas parfois participer activement à l’éducation de leurs enfants. Les barrières linguistiques et les différences culturelles entraînent un manque de collaboration entre l’école et le foyer et limitent la participation des parents étrangers aux rencontres parents-enseignants ou à d’autres activités scolaires.

Abordant les écarts relativement larges en termes d’alphabétisme et d’emploi entre adultes immigrés et natifs en Suède (y compris à Linköping), l’enquête PEICA 2012 souligne la nécessité de prendre des mesures plus hardies et mieux ciblées pour améliorer l’employabilité des immigrés. Une mesure, déjà consacrée par la loi scolaire suédoise, garantit à tout enfant parlant une autre langue maternelle que le suédois en famille la possibilité de la développer en même temps que le suédois. L’éducation en langue maternelle, essentiellement dispensée en dehors des heures de cours, est facultative. Les écoles suédoises emploient de plus en plus des enseignants qui maîtrisent une ou plusieurs langues parlées par les enfants/parents étrangers. L’objectif est de s’appuyer sur la langue maternelle pour faciliter l’acquisition du suédois. A Linköping, environ quatre-vingts enseignants des cycles préscolaire et scolaire sont spécialement recrutés à cette fin.

Présentation du programme

De 2010 à 2013, l’Agence suédoise de la santé publique (Folkhälsomyndigheten) a mis en œuvre un projet d’éducation parentale universelle dans les villes, les régions et les universités. La municipalité de Linköping, sa Division de l’éducation et l’Université de Linköping ont pris à ce projet qui a débouché, entre autres, sur la conception du programme Apprendre ensemble.

La Division de l’éducation de Linköping est chargée d’organiser l’enseignement préscolaire, primaire et secondaire. Sa section Ressources et appui offre aux écoles un appui et une formation spécialisés, notamment pour assister les élèves à besoins spéciaux. Des cours d’éducation parentale ont été initiés en 2000 et, en 2010, Linköping a mis en place une structure de soutien pour les parents d’enfants de zéro à 18 ans. Mais, l’essentiel des cours étant dispensé en suédois, les parents faibles dans cette langue ne pouvaient pas participer. Avec l’afflux croissant d’immigrés à Linköping, la nécessité d’assurer l’éducation parentale et l’apprentissage des adultes faibles en suédois s’est faite de plus en plus sentir. C’est ainsi que le projet a commencé à adapter son programme d’éducation parentale aux besoins des parents étrangers et de leurs enfants.

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Apprendre ensemble

Depuis septembre 2015, Linköping collabore avec l’Agence suédoise pour la famille et l’éducation parentale (Myndigheten för familjerätt och föräldraskapsstöd). Avant la fin de l’année, la municipalité proposait trois types de cours aux familles étrangères des quartiers multiculturels :

  • information sur le civisme
  • éducation parentale
  • éducation (apprentissage familial)

Le volet Éducation inclut le programme Apprendre ensemble, qui crée des processus d’apprentissage intergénérationnel fondés sur l’apprentissage familial. Le cours est organisé par la section Ressources et appui de la Division de l’éducation de Linköping. C’est un programme entièrement financé par la municipalité, à l’image des deux autres. La présente étude de cas se focalise sur Apprendre ensemble.

Le programme Apprendre ensemble vise à relever les niveaux d’alphabétisme en général, et de suédois en particulier, mais aussi les aptitudes des parents et de leurs enfants en numératie. Les premiers cours ont démarré en 2013. L’adoption des principes de l’apprentissage familial pour promouvoir l’alphabétisme et les compétences linguistiques constitue une approche novatrice à Linköping. Le programme a été conçu à la suite d’un constat fait par les directeurs d’école et les maîtres du primaire et du préscolaire : beaucoup d’élèves nés à l’étranger ou de parents étrangers ont du mal à atteindre leurs objectifs pédagogiques. En outre, leurs parents sont souvent faibles en suédois et/ou en alphabétisme et peu informés sur le civisme, en particulier concernant l’éducation.

Pour y remédier, Apprendre ensemble cible les parents et leurs enfants (de 3 à 10 ans) et cherche à sensibiliser les parents qui sont, après tout, les premiers enseignants de leurs enfants. Le programme veut, par ce biais, les habiliter à accompagner le développement cognitif et affectif de leurs enfants. Pour créer un programme apte à former des familles d’origines culturelles différentes et à en faire des citoyens actifs, les promoteurs se sont inspirés des expériences antérieures d’éducation parentale à Linköping. Ils ont découvert que le moyen le plus efficace et fiable pour atteindre les familles étrangères peu alphabétisées et faibles en suédois consiste à impliquer leurs compatriotes vivant en Suède depuis au moins cinq ans et déjà bien intégrés. Ceux-ci peuvent leur servir de modèles et d’enseignants, pour avoir traversé la même situation difficile que le groupe cible. Pour commencer, la municipalité a formé des tuteurs d’origines culturelles différentes qui maîtrisent le somali et l’arabe pour servir de « bâtisseurs de passerelles » pour le programme Apprendre ensemble. Grâce à leur participation, les cours organisés dans les quartiers multiculturels de Linköping ont suscité beaucoup d’intérêt chez le groupe cible.

Trente cours ont été dispensés depuis le démarrage du programme : neuf en 2014 et vingt-et-un en 2015, pour environ 175 parents et 210 enfants. Environ 80 % des enfants sont âgés de 4 à 6 ans. D’habitude, les cours sont organisés pour les apprenants d’un même quartier et ont lieu dans les centres pédiatriques, les écoles ou les établissements préscolaires. A ce jour, des familles somalophones et arabophones de trois quartiers multiculturels de Linköping y ont pris part. Chaque cours est animé par deux tuteurs, dont l’un au moins parle la langue du groupe cible. Ces relais se sont révélés indispensables pour atteindre le groupe cible car, en plus de servir de tuteurs linguistiques, ils peuvent légitimement informer et motiver les participants.

Buts et objectifs

Apprendre ensemble veut :

  • Aider les enfants participants à acquérir un niveau de suédois, d’alphabétisme et de numératie correspondant au niveau moyen de leurs camarades autochtones.
  • Améliorer l’aptitude des parents à encadrer leurs enfants.
  • Expliquer aux parents participants leur rôle prépondérant dans l’apprentissage de leurs enfants.
  • Promouvoir l’idée que l’apprentissage se déroule aussi bien à l’école qu’en dehors afin d’amener parents et enfants à apprendre à domicile.

Mise en œuvre du programme

Approches et méthodes

Les cours peuvent débuter à n’importe quel moment de l’année, sur accord entre le coordonnateur et le personnel scolaire ou préscolaire, normalement chargé de proposer les familles cibles. Chaque cours comprend cinq à dix sessions, à raison de deux heures par semaine. Cinq ou six familles de même langue – dix à quinze personnes au total – y prennent part. Les groupes incluant des enfants à besoins spéciaux peuvent être réduits à deux ou trois familles. Le cours est toujours animé par deux tuteurs, dont l’un parle la langue maternelle des familles participantes.

Entre autres, le cours vise à améliorer le niveau de suédois et d’alphabétisme des parents et des enfants. Petits et grands ont souvent un niveau linguistique comparable et peuvent effectuer ensemble les mêmes exercices. Ceux-ci incluent la lecture de livres, les jeux de rôles (par exemple, faire les courses), les jeux de société et l’usage des journaux/annonces dans l’art et l’artisanat. Les sessions sont généralement en suédois, mais la mission du relais consiste à s’assurer que chaque participant a compris le contenu.

L’enseignement-apprentissage repose, en grande partie, sur l’apprentissage familial, une approche fondée sur l’hypothèse qu’il est possible d’améliorer les processus d’apprentissage en impliquant l’ensemble des membres de la famille dans les espaces éducatifs puisqu’ils peuvent se soutenir et s’encourager mutuellement. Les enfants du primaire et du préscolaire acquièrent rapidement leurs premiers mots et phrases suédois. Les parents, quant à eux, sont souvent occupés à la maison ou au travail et ont moins de possibilités d’apprendre la langue. C’est pourquoi Apprendre ensemble cherche à offrir aux parents et à leurs enfants des opportunités d’améliorer leurs niveaux de langue et d’alphabétisme à travers l’apprentissage collaboratif.

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Contenu et supports d’enseignement

Les supports d’enseignement du programme Apprendre ensemble ont été conçus par la Division de l’éducation. Ils sont en partie traduits ou inspirés des programmes de la National Institute of Adult Continuing Education britannique (désormais Learning and Work Institute) et du (Programme d’apprentissage familial de Clare) qui promeut l’alphabétisation des adultes à Ennis en Irlande. Dans le cadre d’un accord de coopération conclu avec ce programme, Linköping s’inspire des idées de Clare et adapte ses supports au contexte suédois.

Avant le démarrage d’un cours, les tuteurs reçoivent une grande quantité de supports, dont des propositions de thèmes et de plans de cours. Ainsi, ils n’ont plus qu’à s’occuper de l’acquisition de l’alphabétisme, de la langue et de la numératie. Des supports sont également créés par les tuteurs. En général, l’objectif est de regrouper les participants par niveaux d’alphabétisme et de langue relativement homogènes pour leur permettre d’effectuer les mêmes exercices.

Les cours ont la même structure générale, même si leurs thèmes et contenus peuvent varier. Selon les besoins et centres d’intérêt de chaque groupe, ses niveaux d’alphabétisme et de langue, mais aussi l’âge des enfants, les supports d’enseignement portant sur les thématiques et activités suivantes sont utilisés : langage et expression courants, prépositions, images et mots, lecture conjointe de livres, maths ludiques, stratégies d’apprentissage, jours fériés suédois et système scolaire suédois. L’apprentissage est toujours axé sur l’amélioration de l’alphabétisme, de la langue et de la numératie. Toutefois, certains thèmes sont utilisés pour fournir en même temps des informations sur la société suédoise.

Recrutement et formation des animateurs

D’habitude, les tuteurs sont issus du personnel de la Division de l’éducation. Les critères de sélection incluent l’expérience pédagogique et la bonne connaissance de la société et de la langue suédoises. Intervenant à temps partiel, les relais travaillent souvent ailleurs comme enseignants en langue maternelle. Il s’agit généralement d’immigrés qui vivent en Suède depuis au moins dix ans et travaillent depuis des années pour la municipalité. Ils connaissent le système scolaire local et parlent le suédois et au moins une langue parlée par les familles participantes.

Afin de préserver la qualité et développer la méthodologie d’Apprendre ensemble, un personnel qualifié anime des sessions de formation périodiques au profit des tuteurs. Ils sont invités, deux fois par an, à partager leurs expériences et idées. La première session de formation, dirigée par Mary Flanagan, coordonnatrice et responsable des cours du Programme d’apprentissage familial de Clare au profit de 21 animateurs, a eu lieu en 2014. En outre, la municipalité de Linköping a dépêché deux professionnels en Irlande en octobre 2014 pour participer à une formation en apprentissage familial financée par l’UE. Actuellement, ce sont eux qui forment les animateurs. En octobre 2014 et juin 2015, 45 professionnels de la municipalité ont pris part à une autre session de formation, y compris des enseignants et des directeurs du préscolaire et des tuteurs parlant une langue étrangère.

Recrutement des apprenants

Le programme cible les enfants de 3 à 10 ans et leurs parents. Il s’agit de familles arrivées récemment en Suède ou établies dans le pays depuis un certain temps sans avoir acquis une maîtrise suffisante du suédois.

Les enseignants sont souvent mieux placés pour jauger le niveau d’alphabétisme, de langue et de numératie de leurs élèves et sont généralement en contact étroit avec les parents. Ils sont en mesure d’identifier les élèves et les familles à besoins spéciaux, qu’ils recommandent au programme Apprendre ensemble. Les familles aussi peuvent décider de participer de leur propre chef après s’être informées sur le programme, notamment auprès d’anciens participants.

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Évaluation des résultats d’apprentissage

A la fin du cours, les parents participants et, si possible, les enfants remplissent un questionnaire court destiné à évaluer leur progression. Il leur est demandé de décrire leurs acquis et l’utilité de leurs nouvelles connaissances pour leur quotidien. Les animateurs n’évaluent pas les acquis de façon structurée – l’accent est plutôt mis sur la manière dont les parents peuvent aider à améliorer le niveau de langue et d’alphabétisme de leurs enfants. Néanmoins, les participants reçoivent un diplôme à la fin du cours. Celui-ci est souvent très apprécié puisqu’il constitue, pour certains participants, le premier document « officiel » délivré en Suède qu’ils peuvent inclure dans leurs CV et demandes d’emploi.

Suivi et évaluation

  • Après les premiers cours d’Apprendre ensemble dispensés dans les centres d’apprentissage familial en 2014, la Division de l’éducation s’est rapprochée des tuteurs pour évaluer la mise en œuvre du programme et analyser leurs rapports.
  • A la fin du cours, il est demandé aux parents de donner leurs impressions dans un questionnaire. Si leur niveau d’alphabétisme ou de langue ne le permet pas, il leur est demandé de le faire oralement.
  • Les tuteurs sont tenus de présenter un rapport sur les résultats du cours au coordonnateur du programme. Ces rapports incluent une synthèse des évaluations du cours par les parents participants, mais aussi les thèmes étudiés.
  • L’interaction constante entre la Division de l’éducation et les directeurs d’école, les responsables d’école préscolaire et les enseignants garantit l’évaluation et l’analyse permanentes des besoins complémentaires et le suivi de l’impact du programme.

Impact et défis

Impact

Globalement, les évaluations internes montrent que parents, enfants et professionnels apprécient positivement l’expérience. Après une période test, il a été conclu que la méthode Apprendre ensemble permet d’améliorer le niveau d’alphabétisme, de langue et de numératie du groupe cible. En même temps qu’il permet d’acquérir ces compétences, Apprendre ensemble renforce l’assurance, promeut le partage d’idées et la joie d’apprendre en répondant aux besoins spécifiques du groupe cible.

Un chercheur de l’Université de Linköping vient de terminer une évaluation du programme Apprendre ensemble. L’étude, qui concerne vingt enfants et leurs mères, analyse l’impact du programme sur l’apprentissage et les relations sociales des enfants, l’interaction enfant-parent et la relation foyer-école. Ses résultats montrent que l’apprentissage familial a un effet positif important sur l’acquisition de connaissances, les aptitudes sociales et l’interaction foyer-école impliquant les parents d’origine étrangère et leurs enfants.

Le niveau d’alphabétisme et de suédois des participants s’est amélioré. Cependant, le plus précieux acquis d’Apprendre ensemble reste la prise de conscience, par les parents participants, de l’importance de soutenir activement le développement de leurs enfants. Une expérience antérieure, à Linköping, a montré que beaucoup de parents des familles cibles n’étaient pas associés aux activités scolaires ou préscolaires de leurs enfants. En outre, des enseignants ont indiqué que certains parents étaient souvent mal à l’aise lors des réunions scolaires. Selon les enseignants et les relais, ce manque d’implication s’explique par leur faible niveau en suédois et leur méconnaissance de la possibilité de participer à la vie de l’école de leurs enfants. Il a été constaté qu’Apprendre ensemble renforce le désir des parents d’interagir avec le personnel scolaire et préscolaire. En outre, le programme consolide l’interaction au sein des familles : parents et enfants déclarent effectuer de plus en plus des activités conjointes, notamment les devoirs, les jeux ou la pâtisserie. Grâce à la participation aux cours, les familles ont étendu leurs réseaux et fait de nouveaux amis.

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Acquis du programme Apprendre ensemble

Enfants

  • Niveaux d’alphabétisme et de numératie améliorés
  • Aptitudes sociales renforcées
  • Meilleur niveau de culture générale

Parents

  • Niveaux d’alphabétisme et de numératie améliorés
  • Conscience accrue de leur rôle prépondérant dans le développement affectif et cognitif de leur enfant
  • Meilleure connaissance de leurs droits et de la possibilité de participer à la vie scolaire ou préscolaire. D’où, leur intérêt et leur interaction accrus
  • Meilleur niveau de culture générale
  • Interaction positive accrue avec leurs enfants
  • Gain en assurance
  • Réseaux étendus et nouveaux

Animateurs

  • Les tuteurs déclarent trouver stimulants les progrès et la joie d’apprendre de leur groupe et que cela leur donne de l’énergie pour leur travail habituel d’instituteurs. De même, ils rapportent que l’interaction entre cultures suédoise et non suédoise contribue à leur ouvrir l’esprit au sens de la diversité culturelle.

Communauté

  • L’amélioration du niveau d’alphabétisme et de langue des enfants comporte plusieurs bienfaits : elle leur permet de participer davantage à la vie scolaire ou préscolaire et accroît leurs chances d’avoir des résultats positifs tout au long de leur cycle éducatif. Cela peut, au final, favoriser une meilleure intégration sociale. Cela permet aux communautés de bénéficier, à leur tour, de la participation positive des enfants aux activités communautaires. L’information des parents et leur implication accrue dans le système éducatif réduisent les malentendus avec les professionnels.

Les témoignages ci-dessous, extraits d’entretiens avec des mères participantes, confirment l’impact positif du programme Apprendre ensemble :

C’était très bon de se joindre aux autres. Il [son fils] était très heureux. Il me montrait... ce qu’il savait faire et ce qu’il avait appris.

Ma fille m’a dit : « J’ai appris en faisant ceci. Pourquoi ne le faisons-nous pas tous les jours ? »

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Défis

A ce jour, les participants sont en majorité des mères, les pères et autres membres de la famille élargie, tels que les grand-parents, étant moins impliqués. Cependant, la participation des personnes âgées se renforce, tandis celle des pères reste faible, probablement du fait qu’ils travaillent le soir.

Parfois, la ponctualité des participants pose problème. Certains parents ont du mal à trouver le temps d’assister aux cours en plus de leurs tâches courantes, études ou obligations professionnelles. En principe, les emplois du temps sont fixés d’un commun accord entre tuteurs et familles. Mais, Apprendre ensemble étant destiné à compléter les enseignements scolaires normaux, il peut être difficile pour les enfants d’y assister après l’école. Il est difficile de trouver un moment de la journée qui convienne à tous les participants. A l’avenir, il faudrait réduire les obstacles pour les familles participantes, en particulier en termes de transport et d’emploi du temps.

Le feedback des parents indique qu’ils préfèrent des cours de vacances – ce qui est prévu pour l’été 2016. Cela évitera d’imposer une double charge de travail aux enfants tout en leur proposant des activités utiles pendant cette période souvent pauvre en activités.

Certains participants souhaiteraient avoir plus de temps pour certains exercices. De même, certains tuteurs ont fait état de difficultés liées au manque de temps pour préparer les sessions, qui viennent s’ajouter à leurs tâches d’enseignant à plein temps. D’autres ont signalé que certains jeux de société utilisés pour les cours ne favorisent pas assez l’acquisition de l’alphabétisme et de langue. Il convient d’évaluer régulièrement les supports afin de mesurer leur efficacité pour l’apprentissage.

Leçons apprises

Apprendre ensemble a mis en lumière un des principaux avantages de l’apprentissage familial, à savoir que la méthode convient pour différents participants et groupes. Elle permet de créer un curriculum adapté à l’âge et aux besoins des parents et de leurs enfants.

La large vulgarisation de la méthode, la motivation des instructeurs, l’enthousiasme des professionnels et les réactions positives des parents et des enfants indiquent que le programme Apprendre ensemble convient pour le groupe cible. Il s’est révélé particulièrement efficace pour identifier les familles bénéficiaires potentielles à travers les maîtres d’école.

Le recours aux relais, qui partagent les mêmes compétences linguistiques et origines culturelles que leur groupe, fait partie des clés de la réussite du programme. Ils sont indispensables pour assister les parents d’origine étrangère et leurs enfants et font partie intégrante d’Apprendre ensemble. Ils servent à la fois de modèles et de tuteurs linguistiques, aident à éviter les incompréhensions liées à la langue et sont en mesure d’informer et de motiver les participants.

Le feedback des enfants montre qu’ils apprécient les groupes d’apprentissage restreints de cinq à huit apprenants, qui permettent aux tuteurs et aux parents de mieux les encadrer. L’approche Apprendre ensemble favorise un meilleur appui aux enfants qui ont des difficultés à l’école. L’apprentissage familial, avec ses cours associant parents et enfants, a contribué au succès du programme.

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Pérennité

L’afflux de familles étrangères à Linköping devrait se poursuivre, du moins sur le court terme. Apprendre ensemble reste, de ce fait, un programme important pour la municipalité. La même situation se produisant dans de nombreuses régions de Suède, ses acquis positifs peuvent être vulgarisés à travers le pays. Linköping continue de former des relais parlant la langue des familles cibles afin de pérenniser le succès de l’initiative. Pour étendre sa portée à des familles étrangères de différentes langues, la municipalité a entrepris de former des enseignants parlant d’autres langues maternelles que le somali et l’arabe.

La municipalité organise et finance la coordination, le développement et l’exécution du programme à Linköping. Le budget actuel de ce dernier, autour de 500.000 SEK (2015), devrait augmenter en raison de son expansion. La Suède demande de plus en plus de travailler avec les parents étrangers et leurs enfants, notamment pour améliorer leurs niveaux d’alphabétisme et de langue. Cela autorise à s’attendre à la poursuite et à l’extension du programme.

La Division de l’éducation de Linköping s’efforce d’étendre l’approche Apprendre ensemble à d’autres villes et régions de Suède. Malheureusement, à ce jour, Linköping reste la seule ville suédoise à l’avoir adoptée. Toutefois, la collaboration avec le Programme d’apprentissage familial de Clare, qui a été d’un précieux apport lors de la phase de mise en œuvre d’Apprendre ensemble, prouve qu’il est possible de multiplier les succès en s’inspirant de projets antérieurs. Ainsi, les leçons apprises d’Apprendre ensemble pourraient constituer une précieuse ressource pour les projets futurs, en Suède et ailleurs.

Sources

  • Linköping. 2015. Statistisk Årsbok för Linköping 2015. Utrikes födda efter födelseland. [PDF 30,68 Ko] [Consulté le 05/01/2016]
  • OCDE. 2013. Perspectives de l’OCDE sur les compétences 2013 : Premiers résultats de l’Évaluation des compétences des adultes. Éditions OCDE. Paris.
  • OCDE. 2015. Perspectives des migrations internationales 2015. Éditions OCDE. Paris.
  • Banque mondiale 2015. Données par pays. (Consulté le 08/12/2015)

Contact

Mr Mats Mikiver
Coordinator Section for Resource and Support
Department of Education
Klostergatan 24
581 81 Linköping, Sweden
Téléphone : +4613206318
mats.mikiver@linkoping.se
http://www.linkoping.se

Dernière mise à jour : 25 janvier 2016

For citation please use

U. Hanemann (Ed.). Last update: 21 février 2018. Apprentissage familial – Apprendre ensemble, Suède. UNESCO Institute for Lifelong Learning. (Accessed on: 21 November 2019, 09:36 CET)

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