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Programme d'éducation non formelle et continue, Bhoutan

  • Date published:
    1 avril 2015
Non-Formal and Continuing Education Programme

Présentation générale du programme

Titre du programme Programme d’éducation non formelle et continue
Organisation chargée de la mise en œuvre NFCED (Non-Formal and Continuing Education Division, Direction régionale de l’éducation
Langues d’enseignement Dzongkha, anglais
Date de création 1991

Historique et contexte

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Le Gouvernement du Bhoutan s’est engagé à offrir aux adultes des possibilités d’apprentissage permanent. En 1991, la DDA (Dzongkha Development Authority) et la NWAB (National Women’s Association of Bhutan) ont initié conjointement le programme d’éducation non formelle (NFE, Non-Formal Education). En 1996, le ministère de l’Éducation a repris le programme, qui s’est rapidement développé. Actuellement, le pays compte 953 centres NFE et plus de 13 500 apprenants par an. Malgré ces avancées, le Bhoutan continue d’afficher un faible taux d’alphabétisme. D’où, la pertinence du programme NFE pour aider le pays à atteindre son objectif d’apprentissage permanent.

La division de l’éducation non formelle et continue, (NFCED)

La division de l’éducation non formelle et continue (NFCED, Non-Formal and Continuing Education Division) est un service du département de l’éducation des adultes et de l’enseignement supérieur du ministère de l’Éducation.

La NFCED se fixe les objectifs suivants :

  • offrir une alphabétisation et un apprentissage du calcul de qualité en dzongkha, la langue officielle, aux personnes qui n’ont pas reçu/achevé l’éducation formelle pour :
    • promouvoir le dzongkha
    • augmenter le taux d’alphabétisme (pour atteindre un taux d’alphabétisme des adultes de 70 % en 2013 et près de 100 % en 2015)
  • enseigner les compétences de la vie courante et des activités génératrices de revenus
  • offrir des possibilités d’apprentissage permanent.

Mise en œuvre du programme : approches et méthodes

Mise en œuvre du programme

La NFCED coordonne et facilite la formulation des politiques, l’élaboration des programmes scolaires et le développement des capacités pour les programmes d’éducation non formelle et continue. Les autorités académiques des 20 régions du pays sont ensuite chargées d’administrer leurs centres NFE respectifs. Au niveau communautaire, les directeurs d’école mandatés par le ministère de l’Éducation sont désignés pour superviser et encadrer les centres NFE et les animateurs. Sous la présidence du chef de village, les anciens aussi participent activement à la gestion de leur centre NFE local.

Programmes proposés

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  • Le programme d’alphabétisation de base dure un an et demi. Les centres NFE dispensent trois heures de cours par jour, cinq fois par semaine, généralement à l’école locale. L’instruction se fait en langue officielle. Outre l’alphabétisation de base et l’apprentissage du calcul, les centres enseignent des activités génératrices de revenus. Ainsi, à la fin du programme, les apprenants acquièrent non seulement des compétences de base en lecture, en écriture et en calcul, mais aussi des connaissances et des aptitudes dans les domaines de la santé, de l’assainissement, de l’environnement, de l’agriculture, de l’élevage, de la puériculture et du développement de la petite enfance, de la prévention des MST/Sida et dans d’autres compétences de la vie courante. En moyenne, les classes comptent 20 apprenants.
  • Le programme post-alphabétisation dure un an. Les apprenants se rencontrent au centre NFE trois heures par jour, cinq jours par semaine. C’est un programme destiné aux apprenants qui ont terminé le programme d’alphabétisation de base ou aux personnes ayant des compétences équivalentes. En gros, le curriculum post-alphabétisation comporte trois niveaux, subdivisés en sept domaines thématiques : santé, environnement et agriculture, activités génératrices de revenus/sources de subsistance, questions sociales/culturelles, développement de la petite enfance, bonne gouvernance et gestion des catastrophes. L’anglais est également proposé en option. En moyenne, les classes comptent 20 apprenants.
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  • Le programme d’auto-apprentissage n’a pas de structure spécifique. Chaque apprenant va au centre NFE lire et apprendre en choisissant parmi les supports disponibles sur place. Le programme a pour but d’encourager l’apprentissage permanent. Au besoin, le responsable du centre d’apprentissage communautaire (CLC) peut aider l’apprenant. En général, le CLC est un petit bâtiment communautaire construit avec la participation de la population locale. Parfois, c’est une salle de classe de l’école locale, une maison, un temple ou un poste de santé qui sert de CLC. Les centres proposent diverses activités d’alphabétisation et d’acquisition de compétences de la vie courante et abritent d’autres programmes et réunions de développement communautaire. Deux activités majeures y ont lieu : la lecture (des coins de lecture ont été prévus, et les apprenants peuvent y trouver les livres qui les intéressent) et la formation professionnelle (couture, fabrication de meubles, fabrication de souvenirs, broderie et tissage). Certains CLC offrent à la fois des cours d’alphabétisation de base et de post-alphabétisation.
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  • Le programme d’éducation continue (EC) dure 10 mois, avec deux heures de cours du lundi au vendredi et quatre heures le samedi. Son but est d’offrir un apprentissage permanent à ceux qui n’ont pas eu la chance d’achever leur éducation formelle. Actuellement, l’État et les écoles privées du secondaire dispensent le programme EC au profit des adultes, qui sont en majorité des fonctionnaires ou des agents du secteur privé. Les apprenants suivent le programme scolaire du système formel. En moyenne, les classes comptent 40 apprenants. Les candidats du programme EC qui achèvent la classe XII font l’examen du BHSEC (Bhutan Higher Secondary Education Certificate) et ceux de la classe X, le BCSE (Bhutan Certificate of Secondary Education).

Contenu et élaboration des supports du programme

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Des enquêtes, des séminaires, des ateliers et des contacts avec les apprenants sont organisés en vue d’identifier leurs besoins et de proposer des programmes NFE adaptés. Les autorités académiques et autres responsables régionaux compétents organisent des enquêtes restreintes sur l’alphabétisation et organisent des séminaires et des ateliers à l’intention de parties prenantes : dirigeants locaux, responsables sectoriels régionaux, directeurs d’école, instructeurs NFE, etc. En outre, les besoins économiques, sociaux et culturels ainsi que d’autres questions locales et nationales émergentes sont pris en compte. En gros, le contenu actuel porte sur sept domaines thématiques : santé, environnement et agriculture, activités génératrices de revenus/sources de subsistance, questions sociales/culturelles, développement de la petite enfance, bonne gouvernance et gestion des catastrophes.

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Les supports sont élaborés lors d’ateliers auxquels participe l’ensemble des parties prenantes nationales : instructeurs NFE, directeurs d’école, coordinateurs de programmes d’autres agences concernées, autorités académiques régionales et coordinateurs de programmes de la NFCED. Les avant-projets de supports sont ensuite mis à l’essai afin d’y apporter les correctifs nécessaires. Souvent, des consultants internationaux vérifient la qualité des supports.
Le contenu des supports d’enseignement et d’apprentissage est régulièrement adapté aux nouveaux besoins.

Formation

Les animateurs ont le niveau de la classe X ou XII. Ils sont rémunérés et employés à plein temps. La formation de nouveaux animateurs a lieu une fois par an, tandis qu’un recyclage des anciens est organisé périodiquement. La plupart des apprenants étant d’âge mûr, les principes d’apprentissage et les techniques d’enseignement des adultes sont enseignés lors de la formation initiale et du recyclage.
Après l’élaboration de nouveaux supports curriculaires, des ateliers sont organisés pour présenter les nouveautés aux animateurs. En outre, on organise une série d’ateliers de formation continue par grappes (centres NFE de différentes régions) et d’ateliers nationaux pour approfondir ce travail et informer les instructeurs des derniers changements et nouveautés.
La formation et les ateliers susmentionnés sont confiés à des animateurs expérimentés. Choisis parmi les plus compétents et les plus dévoués, ils ont été formés pour devenir formateurs d’animateurs. Des cours de recyclage périodiques sont également organisés à leur intention.
Les autorités académiques régionales sont formées aux politiques et programmes de la NFE au niveau national. À leur tour, elles forment les directeurs d’écoles chargés de gérer et d’encadrer les centres NFE et les animateurs.

Suivi et évaluation

Le suivi des centres NFE est confié aux parties prenantes à différents niveaux :

  • au niveau local, il est assuré par le comité NFE présidé par le chef de village et composé du directeur d’école et des anciens du village
  • au niveau régional, il incombe aux autorités académiques de la région
  • au niveau national, il est assuré par la NFCED.

La NFCED se fonde essentiellement sur les rapports de situation trimestriels transmis par les centres NFE via les autorités académiques, mais aussi sur les visites des responsables du programme sur le terrain.
Concernant l’évaluation, les résultats sont mesurés, enregistrés et remis aux agences qui financent la plupart des activités du programme NFE. L’évaluation des résultats est confiée au système de planification et de suivi (Planning and Monitoring System, PlaMS), et le ministère de tutelle transmet les rapports au gouvernement (Gross National Commission).
Une étude d’impact des programmes NFE a été effectuée en 2008, et les résultats communiqués aux parties prenantes. Ces dernières prennent des mesures nécessaires pour appliquer les recommandations de l’étude aux niveaux local, régional et national. Le rapport d’étude d’impact est disponible.

Impact

  • Le pays compte actuellement 958 centres NFE et 22 CLC.
    • Le nombre de centres NFE est passé de cinq en 1992 à 953 en 2012.
  • À ce jour, environ 160 000 citoyens, dont 70 % de femmes, ont suivi les programmes d’alphabétisation de base et d’apprentissage du calcul.
  • En moyenne, 13 000 à 13 500 participants s’inscrivent par an.
    • De 300 en 1992, ce chiffre est passé à 13 537 en 2012.
    • Environ 80 % des participants ont suivi un programme d’apprentissage des compétences de la vie courante.
    • Environ 20 % ont subi une formation professionnelle : couture, tissage, menuiserie, entrepreneuriat, etc.
  • Les programmes NFE ont été diversifiés pour répondre aux besoins de la population générale :
    • centres NFE dans les camps pour le personnel militaire
    • centres NFE pour les routiers
    • programmes NFE dans les prisons
    • centres d’éducation continue dans cinq districts avec un effectif total de 1 200 apprenants
    • centres de protection et d’éducation de la petite enfance (PEPE) dans les NFE de neuf régions.
  • Cinquante-sept titres de supports post-alphabétisation ont été élaborés, imprimés et distribués aux centres NFE.
  • Au total, 30 titres de livres de lecture portant sur divers sujets ont été réalisés pour trois niveaux d’apprentissage. Trois catégories de livres ont été élaborées pour le cours d’alphabétisation de base, tandis que sept domaines thématiques ont été abordés pour le cours post-alphabétisation. Ces livres sont disponibles dans les CLC ainsi que dans l’ensemble des centres NFE.
  • Environ 90 % des instructeurs NFE ont été formés aux méthodes didactiques et à l’enseignement des compétences de la vie courante.
  • Le programme NFE a eu un impact notable sur la population, en particulier sur les femmes. En effet, des femmes et des apprenants issus des programmes NFE en zone rurale sont devenus parlementaires.

Défis

  • La majorité des apprenants étant des paysans, ils trouvent éprouvant de suivre le programme NFE après une dure journée de travail. Du fait que certains manquent des cours, les niveaux varient et les animateurs ont du mal à répondre aux besoins de chaque apprenant.
  • Pour atteindre les communautés enclavées, le gouvernement a créé des centres NFE dans les zones les plus reculées, dont certaines comptent seulement quelques ménages. Néanmoins, le problème reste entier pour certaines communautés, telles que les migrants.
  • Environ 25 % des centres NFE sont des abris provisoires ou situés dans des maisons parfois trop exigües. De plus, la plupart de ces centres manquent d’équipements de base tels qu’un tableau, l’éclairage et le mobilier. Face à ces obstacles, les animateurs ont du mal à dispenser efficacement les cours d’alphabétisation.
  • Comme la plupart des centres NFE se trouvent dans des zones reculées et certains ne sont pas accessibles par la route (il faut souvent 1 à 3 jours de marche pour atteindre la route la plus proche), il est difficile de les superviser et de répondre à leurs besoins. Par ailleurs, cette situation empêche d’en assurer un suivi, une évaluation et un encadrement constants et efficaces.
  • Avec le manque de personnel formé en informatique et d’équipements dans la quasi-totalité des centres NFE, il est difficile de conserver des données fiables, ce qui rend problématiques la planification et l’exécution des programmes. Pour résoudre ce problème, la NFCED a entrepris de mettre en place un système d’information pour la gestion de l’éducation non formelle (Non-Formal Education Management Information System, NFE-MIS) avec l’appui technique et financier de l’UNESCO.

Pérennité

Les stratégies suivantes ont été adoptées pour pérenniser le programme.

  • Encourager la participation et l’appropriation communautaires :
    • Pour que le centre NFE de chaque localité permette d’améliorer de façon significative les taux d’alphabétisme, la NFCED encourage les communautés à en initier la création afin de se l’approprier et d’en adopter le programme.
    • Pour créer un centre NFE, la population mandate ses dirigeants/représentants pour en formuler la demande officielle auprès de la Direction régionale de l’éducation. Ensuite, cette dernière examine la requête et recommande la création du centre. Ce processus prépare la population à l’ouverture du centre NFE dans la localité et l’aide à comprendre la pertinence d’un tel projet bien avant sa réalisation. Cela permet aux responsables administratifs du centre de s’assurer une meilleure coopération de la population et d’enregistrer des taux de réussite plus élevés.
  • Création de comités de gestion des CLC :
    • Des comités de gestion locaux sont créés en vue de pérenniser les CLC et de prendre en charge les besoins de la communauté. Ils sont présidés par le chef de village et composés du directeur d’école, des anciens du village et de représentants des apprenants. Ils sont chargés de planifier et de gérer les CLC. En outre, ils examinent et identifient les besoins de la communauté, sensibilisent, motivent et créent un code de conduite et apportent un appui logistique aux CLC pour en assurer la pérennité.
    • L’enquête est destinée à permettre aux apprenants d’accéder aux équipements des CLC et à sensibiliser les autorités à l’importance des CLC. Il incombe au comité, et au responsable du CLC, de motiver les apprenants et de faire en sorte qu’ils profitent au maximum de l’existence d’un CLC.

Leçons apprises

Même si le programme NFE a permis de relever les taux d’alphabétisme du pays, on note un fort taux d’abandon, qui avoisine 20 % pour le programme d’alphabétisation de base. En outre, une bonne partie de ceux qui l’achèvent ne passent pas au programme post-alphabétisation. Sa longue durée semble en être l’explication. En la ramenant à un an environ, on contribuerait à en améliorer le taux d’achèvement. La longue distance qui sépare certains apprenants des centres NFE peut être une autre raison qui rend difficile l’assiduité. La création de centres NFE plus proches de leur lieu de résidence pourrait réduire les abandons.

Références

Contacts

Ugyen Tshomo
Deputy Chief Programme Officer
Non-Formal and Continuing Education, Ministry of Education, Thimphu, Bhutan
Tél : 00975-02-324712/ 17605278
Fax : 00975-02-325067
E-mail : ttandin (at) gmail.com, somtshering (at) gmail.com
Site Web : http://www.education.gov.bt

For citation please use

U. Hanemann (Ed.). Last update: 25 janvier 2018. Programme d'éducation non formelle et continue, Bhoutan. UNESCO Institute for Lifelong Learning. (Accessed on: 30 November 2021, 10:17 CET)

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