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Programme national d'éducation des jeunes et des adultes analphabètes articulé aux technologies de l'information et de la communication,Sénégal

  • Date published:
    21 juin 2017

Présentation du programme

Titre Programme national d'éducation des jeunes et des adultes analphabètes articulé aux technologies de l'information et de la communication (PNEBJA-TIC)
Organisation chargée de la mise en œuvre Direction de l'alphabétisation et des langues nationales du Sénégal (DALN)
Langues d'enseignement Français, wolof, sérère, peul, diola, soninké et mandingue
Financement Gouvernement du Sénégal
Partenaires Ministère de l'Éducation nationale, sous-secteur de l'Éducation de base des jeunes et des adultes analphabètes (EBJA), Centre national de ressources éducationnelles (CNRE), Cabinet du Secrétaire d'État à l'Alphabétisation et à la promotion des langues nationales (SEAPLN), UNESCO, Centres régionaux de formation des personnels de l'éducation (CRFPE).
Coût annuel du programme 960.000 $ (pendant quatre ans). Coût annuel par participant : 70-80 $.
Date de création 2012

Contexte national

Le Sénégal se classe 102ème sur 113 pays à l'Indice de développement de l'Éducation pour tous (EPT) (UNESCO, 2012) et 170ème sur 188 à l'Indice de développement humain (PNUD, 2015). Même s'il figure toujours parmi les pays à faible taux de développement humain, les dernières décennies ont été marquées par des avancées significatives en matière d'alphabétisation : les taux d'alphabétisme des jeunes (15-24 ans) ont progressé de 37,9 pour cent en 1988 à 69,8 pour cent en 2015, tandis ceux des adultes (15 ans et plus) sont passés de 26,9 à 55,6 pour cent sur la même période (UIS, 2016). Malgré ces avancées, plus de deux-tiers de la population du Sénégal vivent encore avec moins de 2 dollars par jour (UIS, 2016). Le Rapport sur le développement humain 2015 indique que plus de la moitié de la population a du mal à accéder aux services d'éducation, de santé et d'assistance. Le taux de chômage est monté à 10,4 pour cent de la main d'œuvre et se chiffre à 12,7 pour cent de la population active jeune (PNUD, 2015).

Ces dernières années, le taux de scolarisation dans l'enseignement primaire a augmenté, passant de 63,8 pour cent en 2005 à 71,1 pour cent en 2014. Toutefois, le taux de la rétention jusqu'à la dernière année du primaire n'est que de 61,4 pour cent. En 2014, le Sénégal comptait plus de 634.000 enfants déscolarisés (UIS, 2016), dont la plupart risquent d'aller grossir les rangs des jeunes et des adultes peu alphabétisés.

En dépit de l'investissement que l'État consacre à l'éducation – environ 5,6 pour cent du PIB en 2010 (UIS, 2016) – il subsiste de grandes disparités. En 2015, plus de 3,7 millions d'adultes sénégalais étaient analphabètes, dont 2,5 millions de femmes (près de 70 pour cent). La même année, on dénombrait environ 898.000 jeunes analphabètes de 15 à 24 ans. Parmi eux, un demi-million (60 pour cent) de jeunes femmes (UIS, 2016).

Fort des progrès réalisés au cours des dernières décennies, le Sénégal poursuit ses efforts de promotion de l'alphabétisation pour, à la fois, améliorer les conditions de vie de sa population et favoriser la réalisation de l'Agenda 2030 et des Objectifs de développement durable. Pour ce faire, il travaille sur les politiques éducatives en vigueur dans trois domaines clés – accès, qualité et gouvernance – en accordant la priorité à l'alphabétisation et à l'acquisition de compétences de base en vue de promouvoir l'intégration socio-économique, la citoyenneté et l'apprentissage tout au long de la vie.

Présentation du programme

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Le Programme national d'éducation des jeunes et des adultes analphabètes articulé aux technologies de l'information et de la communication (PNEBJA-TIC) est un programme national d'alphabétisation mis au point par le Gouvernement du Sénégal. Lancé en décembre 2012, il est exécuté dans 460 localités du pays depuis 2013. Comme son nom l'indique, il s'agit d'un programme national d'éducation de base des jeunes et des adultes analphabètes qui s'articule autour de l'utilisation des technologies de l'information et de la communication (TIC).

Le PNEBJA-TIC cible environ 14.100 apprenants adultes (15 ans et plus) par an. Il s'adresse aux personnes qui n'ont jamais été scolarisées ou qui ont quitté l'école tôt, qu'il alphabétise et dote de compétences de la vie courante en vue d'améliorer leurs compétences de base, leurs conditions de vie et leur environnement socio-économique à travers l'usage des TIC.

Composante du PDEBJA, le Plan de développement de l'éducation de base des jeunes et des adultes analphabètes 2012–2025 conçu et mis en œuvre par le ministère de l'Éducation nationale, le programme s'étale sur 13 ans.

La Direction de l'alphabétisation et des langues nationales du Sénégal (DALN) est le principal maître d'œuvre du programme. Elle est chargée d'exécuter la politique générale de l'État en matière d'alphabétisation, d'éducation de base et de promotion des langues nationales.

Divers acteurs et partenaires participent à la mise en œuvre du PNEBJA-TIC :

  • le ministère de l'Éducation, qui intervient principalement par le biais du sous-secteur de l'Éducation de base des jeunes et des adultes analphabètes (EBJA) : suivi et supervision généraux de l'exécution du programme.
  • le Centre national de ressources éducationnelles (CNRE) : suivi et supervision généraux de l'exécution du programme.
  • le Cabinet du Secrétaire d'État à l'Alphabétisation et à la promotion des langues nationales (SEAPLN): suivi et supervision généraux de l'exécution du programme.
  • les Centres régionaux de formation des personnels de l'éducation (CRFPE) : formation du personnel.

  • l'UNESCO : appui sous forme de matériel éducatif et dans d'autres domaines comme la promotion de la création d'une base de données des alphabétiseurs et la certification de la formation du personnel.

Le PNEBJA-TIC s'inspire de l'expérience d'un programme antérieur, le Projet d'alphabétisation des jeunes filles et des jeunes femmes du Sénégal (PAJEF). Ce programme, élaboré par le bureau de l'UNESCO à Dakar en janvier 2012, a été mis en œuvre en collaboration avec plusieurs services du ministère de l'Éducation nationale, dont la DALN. Son impact positif a amené la DALN à mettre au point un nouveau programme, le PNEBJA-TIC, dont elle sera cette fois le principal maître d'œuvre. Pour en savoir plus sur le PAJEF, cliquez ici link.

Le PNEBJA-TIC entre dans le cadre du Plan d'accélération de l'alphabétisation au Sénégal (PAAS), initié par le gouvernement au titre de l'initiative ‘Big Push’ pour l'Afrique dans le but de relever sensiblement les niveaux d'alphabétisme.

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Le programme est également en phase avec la politique de décentralisation du Gouvernement du Sénégal, qui s'efforce d'améliorer la qualité des services éducatifs au niveau local. Le PNEBJA-TIC est mis en œuvre à l'échelle nationale et locale dans les 14 régions du Sénégal : Dakar (dans les départements de Dakar, Guédiawaye, Pikine et Rufisque), Diourbel, Fatick, Kaffrine, Kaolack, Kédougou, Kolda, Louga, Matam, Saint-Louis, Sédhiou, Tambacounda, Thiès et Ziguinchor.

Le programme offre des opportunités d'éducation à des apprenants d'âges divers – jeunes, adultes et personnes âgées (65 ans et plus) – et cible en priorité les femmes et les filles. En 2016, une évaluation a révélé que celles-ci représentaient 97 pour cent des apprenants évalués dans plusieurs régions où le programme est mis en œuvre. La moyenne d'âge des participants est de 30 ans. Le PNEBJA-TIC dessert les zones rurales, les minorités et les populations marginalisées, mais aussi les personnes à besoins spéciaux.

Buts et objectifs

Le PNEBJA-TIC veut relever les taux d'alphabétisme au Sénégal d'ici à 2030, promouvoir l'accès à l'éducation et améliorer les conditions de vie des participants dans toutes les régions du pays. Il se fixe les autres objectifs suivants :

  • Favoriser l'autonomisation des citoyens sénégalais, notamment les femmes et les filles, et contribuer à vaincre la pauvreté par le biais de l'éducation de base.
  • Dispenser des cours d'alphabétisation et de compétences de la vie courante en langues nationales ou officielle, en particulier aux femmes et aux filles, afin de promouvoir leur participation active à la vie de leur communauté et de la société en général.
  • Habiliter les bénéficiaires à utiliser les TIC et promouvoir leur insertion dans le marché du travail et dans leur environnement socio-économique.
  • Habiliter les communautés locales à contribuer à la mise en œuvre du programme.
  • Stimuler le développement des ressources humaines nationales pour atteindre le développement durable.

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Mise en œuvre du programme

Enseignement et apprentissage : approches et méthodes

Le programme adopte une approche d'apprentissage mixte : d'une part, il enseigne les leçons d'écriture/écriture et de calcul des modules d'alphabétisation et de numératie et, d'autre part, il organise des séances pratiques consacrées aux activités génératrices de revenus (AGR) et aux études sociales, appelées « modules sociaux ».

Les modules d'alphabétisation et de numératie de base visent à renforcer les compétences de base des participants pour leur permettre de les appliquer ensuite au module AGR et au module social. La section suivante explique en détail le contenu de ces modules.

Tous les modules font appel aux TIC et à diverses ressources multimédia/numériques pour introduire des discussions thématiques sur des sujets spécifiques, par exemple en projetant un court-métrage. Autre exemple, l'utilisation de la calculatrice d'un téléphone portable pour résoudre un problème. Ainsi, les participants améliorent leurs co

mpétences informatiques en même temps qu'ils développent leurs niveaux d'alphabétisme et de numératie.

L'année scolaire du PNEBJA-TIC dure neuf mois, de juin à février. Chaque leçon dure deux heures et les cours se tiennent quatre fois par semaine, pour un quantum horaire annuel total de 300 heures. Tout au long de l'année, les apprenants suivent 12 modules de 25 heures environ chacun. Le ratio enseignant-apprenant moyen est de 1 pour 30.

Les cours se tiennent dans les écoles primaires, dont les locaux sont disponibles après les cours d'enseignement formel. Cela aide à établir et entretenir un lien fort entre adultes et enfants puisque ces derniers voient leurs parents fréquenter l'école. Cela permet aussi aux communautés locales de s'approprier les structures d'apprentissage de leur village et favorise une utilisation plus efficace des infrastructures locales.

L'instruction est dispensée en plusieurs langues, dont le français, langue officielle du Sénégal, et d'autres langues nationales telles que le balante, le diola, le mandingue, le mandjaque, le peul, le sérère, le soninké et le wolof. Les participants choisissent d'apprendre en langue officielle ou dans une langue nationale enseignée dans leur localité.

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Contenu et supports du programme

Le PNEBJA-TIC applique la méthode d'enseignement du Curriculum de l'éducation de base (CEB). Ce curriculum basé sur les compétences met en avant la performance des apprenants et l'acquisition de compétences tout au long du processus d'apprentissage. Le contenu et la structure du PNEBJA-TIC ont été adaptés pour respecter ses 300 heures de quantum horaire annuel. Les matières enseignées se divisent en trois catégories :

  • Langue et communication : communication orale, compréhension de texte et production d'écrits ;
  • Mathématique : arithmétique, calcul et résolution de problèmes ;
  • Compétences de la vie courante : ce contenu varie d'une région à l'autre. Chaque région peut ajouter des matières qu'elle juge particulièrement pertinentes.

Les catégories ci-dessus constituent le contenu de base du PNEBJA-TIC, mais elles peuvent être adaptées pour répondre à des besoins spécifiques en cours d'exécution du programme. Tenant compte de ces besoins, le CNRE définit la répartition des modules et contenus à inclure ainsi que l'intégration des TIC aux contenus envisagés.

Les catégories ‘Langue et communication’ et ‘Mathématique‘ du CEB ont été maintenues, mais avec un quantum horaire total réduit par rapport à l'éducation formelle et un accent particulier sur l'intégration des TIC. La catégorie « Compétences de la vie courante » a été ajoutée au contenu normal du CEB et inclut le module AGR et les modules sociaux.

Avec le module AGR, les apprenants acquièrent des connaissances et des compétences pratiques dans une discipline de leur choix. Chaque classe choisit une spécialité parmi plusieurs options : gestion et enregistrement de documents, alimentation et nutrition animales, teinture, commerce, horticulture, fabrication de savons et transformation de produits locaux. Les apprenants reçoivent une formation spéciale dans le domaine choisi et acquièrent des aptitudes qui leur permettront d'exercer des AGR à la fin du programme. Les compétences en lecture, écriture et arithmétique acquises dans le cadre des modules de base sont intégrées aux AGR par le biais d'exercices de résolution de problèmes. Par exemple, si la classe choisit de faire de l'horticulture dans le cadre du module AGR, ses cours et activités seront axés sur l'acquisition des notions de poids, de surface, de coûts, de prix et de facilité d'achat. Dans ce module, chaque classe reçoit un appui financier de 200 $ pour initier des activités génératrices de revenus. La possibilité d'initier une AGR favorise la collaboration entre la classe et sa communauté et aide le programme d'alphabétisation à nouer des liens solides avec les villages.

Pour leur part, les modules sociaux traitent de thèmes tels que la lutte contre la malnutrition, la lutte contre le sida, la protection de l'environnement, la santé et l'hygiène. Leur inclusion dans le programme permet aux apprenants d'acquérir les compétences essentielles de la vie courante et d'améliorer leur bien-être et leur conscience environnementale.

Pour les modules AGR et sociaux, l'animateur peut faire appel à un spécialiste afin d'offrir aux participants une formation plus pointue. De leur côté, les apprenants sont tenus d'organiser des exercices et de faire des présentations pratiques en vue d'appliquer leurs compétences fraîchement acquises.

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Supports d'apprentissage

Les enseignants ont un Guide de l'animateur, et les apprenants reçoivent des manuels conçus par la DALN. Les supports sont disponibles sur CD et sur clé USB.

La plupart des classes ont un kit numérique contenant des ressources pédagogiques numériques. Ce kit, produit avec l'appui de l'UNESCO et appelé kit Sankoré, a été également utilisé dans le cadre du PAJEF. Conçu pour encourager la participation et promouvoir l'apprentissage actif, il comporte le logiciel Open Sankoré, très simple à utiliser, et d'autres éléments : un ordinateur portable, un vidéoprojecteur interactif et un stylet infrarouge pour écrire sur un tableau numérique. Vous trouverez des informations supplémentaires sur l'utilisation de cette technologie et son installation sur le site Web de Sankoré.

Au total, 78 classes sont équipées du kit numérique Sankoré dans le pays. Toutefois, de nombreux villages bénéficiaires du programme n'ont pas accès à Internet. D'où, la fourniture des supports sur clé USB à certaines classes.

En 2016, une évaluation menée par la DALN a montré que la majorité des classes du PNEBJA-TIC étaient dotées de bureaux, chaises et tables-blancs en quantité suffisante et que la plupart des salles répondaient aux normes d'espace, d'aération, d'éclairage et de sécurité. Concernant les supports d'étude, les classes étaient suffisamment dotées en cahiers, stylos, ardoises et manuels de lecture et de mathématique (en moyenne, 28 manuels par matière par classe).

Par ailleurs, la DALN vient de mettre en place un centre de documentation et d'information qui lui a permis de fournir des livres en langues nationales à ses antennes locales qui exécutent le PNEBJA-TIC, leur donnant ainsi la possibilité d'aménager des salles de lecture ou des coins de lecture dans les salles de classe.

Recrutement et formation des enseignants et des animateurs

Enseignants et animateurs du PNEBJA-TIC sont payés et employés à temps partiel. Les premiers ont une expérience professionnelle dans le système éducatif formel (cycle primaire) et enseignent le programme en dehors de leurs heures de travail normales. Les seconds sont exclusivement recrutés pour le PNEBJA-TIC. Ils sont sélectionnés par les Inspections de l'éducation et de la formation (IEF) au moyen d'un test d'aptitude.

Enseignants et animateurs ont des niveaux de qualification différents : diplôme d'enseignant, baccalauréat, certificat de formation professionnelle ou autre diplôme admis en équivalence. Ils justifient tous de plusieurs années d'expérience dans le domaine de l'alphabétisation et prennent part aux sessions obligatoires de formation initiale et continue spéciales du PNEBJA-TIC. En 2014, ils avaient neuf ans d'expérience en moyenne, avec des variations selon les régions, et 96 pour cent d'entre eux ont reçu une formation.

Les comités locaux de gestion aussi ont été formés en administration des activités et en exécution globale du programme. En 2014, ils étaient 67,8 pour cent à bénéficier d'une formation.

L'UNESCO appuie le PNEBJA-TIC à travers le programme Renforcement des capacités en faveur de l'EPT (CapEPT), appelé maintenant CapED (Capacity Development for Education 2030). Au début, elle assurait la formation du personnel. Mais, depuis peu, cette tâche est exclusivement dévolue aux CRFPE sénégalais. L'UNESCO a accompagné le transfert de ces fonctions aux centres régionaux ainsi que la mise en place d'une base de données qui renseigne sur les alphabétiseurs disponibles au Sénégal.

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La formation du personnel repose sur le CEB, traduit dans les 22 langues nationales codifiées afin de permettre au maximum d'animateurs et d'enseignants des régions d'accéder à la formation. Celle des animateurs dure 120 à 130 heures, étalées sur une période de 20 jours à un mois.

Pendant leur formation, enseignants et animateurs suivent un module spécial intitulé « Intégration des TIC » qui les dote des compétences relatives à l'utilisation et à l'intégration des TIC à l'école. Ce module les initie aux concepts, outils, méthodes et techniques informatiques de base en matière d'usage de l'ordinateur et du téléphone portable. Il leur apprend aussi à manier le tableau numérique interactif utilisé en classe. Ils découvrent également des systèmes d'exploitation tels que Windows et Ubuntu (le système d'exploitation compatible avec le kit numérique Sankoré, exécuté par la plupart des ordinateurs du PNEBJA-TIC).

En fin d'année, enseignants et animateurs reçoivent une attestation de participation au PNEBJA-TIC. Par ailleurs, avec l'appui de l'UNESCO, le Gouvernement du Sénégal a institué une initiative dénommée Valorisation des années d'expérience (VAE). Cette initiative permet aux animateurs et aux enseignants intervenant dans le domaine de l'alphabétisation de faire reconnaître et valider leurs années d'expérience. Ainsi, ils peuvent profiter d'une certification adéquate de leur travail pour planifier et poursuivre leur carrière professionnelle. L'initiative VAE joue un rôle important dans leur motivation à poursuivre leur formation en alphabétisation et dans les autres contenus proposés par le PNEBJA-TIC.

Recrutement et évaluation des besoins des apprenants

Les besoins de la population et des communautés locales sont identifiés au début de chaque session annuelle du PNEBJA-TIC. Les décisions concernant la répartition des classes d'alphabétisation entre les régions sont guidées par les taux de scolarisation et de pauvreté afin de favoriser les localités les plus défavorisées et susceptibles de tirer parti du programme.

La DALN organise des activités de communication et de vulgarisation en vue d'informer les communautés locales et d'attirer des apprenants potentiels. Une fois que le programme a démarré, d'autres activités de sensibilisation à l'importance de l'alphabétisation sont organisées pour promouvoir l'assiduité et réduire les abandons.

Avant le démarrage des cours, le niveau d'alphabétisme des participants potentiels est évalué. Cette évaluation a lieu à l'antenne locale du programme et consiste à répondre à un questionnaire comportant des exercices de lecture et d'écriture. Les questions portent sur la situation économique des candidats et leur éventuelle scolarisation formelle antérieure. Le programme reconnaît l'apprentissage antérieur en fonction du niveau d'instruction atteint.

Évaluation des résultats d'apprentissage

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Pour valider chaque module, les apprenants doivent prendre part à des activités d'évaluation trimestrielles. Chaque apprenant reçoit un livret comportant une section d'évaluation dont les questions et exercices portent sur les enseignements reçus. Les participants doivent faire ces exercices et les remettre aux animateurs à une date précise. Après cela, chaque apprenant est noté selon sa performance.

Une fois que les apprenants ont achevé le programme avec succès (en effectuant le crédit horaire et les évaluations requis), ils reçoivent leur Certificat de fréquentation d'un programme d'alphabétisation. Ce certificat leur permet de poursuivre leur apprentissage dans le système éducatif formel à partir de la dernière année du primaire (6ème année) et/ou d'intégrer le marché du travail. La validation et la reconnaissance des qualifications dans le cadre du PNEBJA-TIC reposent sur le cadre national de qualifications et le Plan d'accélération de l'alphabétisation au Sénégal.

Suivi et évaluation

L'évaluation intervient à différentes étapes du programme.

La DALN veille sur la qualité du programme et en assure le suivi et évaluation, un processus centralisé qu'elle exécute en collaboration avec le CNRE. Le suivi centralisé permet une évaluation complète des résultats aux niveaux décentralisés et de vérifier leur conformité aux objectifs du programme.

Au niveau décentralisé, le suivi et évaluation est assuré par les Inspections d'académie (IA) et les Inspections de l'éducation et de la formation (IEF), qui se rendent régulièrement dans les antennes locales du programme pour superviser et encadrer les prestataires locaux.

Le suivi est également assuré par le biais des cellules d'animation éducative. Ces cellules sont un espace dans lequel enseignants et animateurs d'une même région s'exercent à dispenser une leçon de leur choix. L'aspect innovant de ces séances réside dans leur caractère interactif et collaboratif : les animateurs en assument l'organisation et ont la possibilité de présenter, parmi les thèmes au programme, celui qui les intéresse. Ensuite, les collègues apprécient et évaluent la performance du présentateur afin d'améliorer ses connaissances et aptitudes pédagogiques de façon pratique et collaborative.

Après chaque session annuelle du programme, un questionnaire est remis aux communautés bénéficiaires en vue de recueillir des informations sur leur niveau de satisfaction, les défis rencontrés et les recommandations pour le futur. Dans les villages, c'est le chef de village qui est chargé de déposer le questionnaire. De même, un questionnaire spécial est soumis aux animateurs, aux comités de gestion et à chaque classe PNEBJA-TIC dans le but de recueillir les impressions de l'ensemble des parties prenantes.

Après la session 2014 du PNEBJA-TIC, la DALN a effectué une évaluation finale du programme dans toutes les régions du Sénégal. Le rapport révèle que 86,5 pour cent des apprenants ont acquis le niveau de compétences attendu. Cette moyenne englobe les niveaux moyens atteints dans les différentes disciplines : 92 pour cent en langue et communication, 85 pour cent en compétences de la vie courante et 71,5 pour cent en mathématique.

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Impact et défis

Impact et réalisations

Le programme comptabilise de nombreuses réalisations depuis son lancement :

  • 13.800 inscrits par an pendant la période 2013-2015 (environ 55.000 participants au total).
  • 14.100 inscrits en 2016.
  • Taux moyen d'achèvement de 85 pour cent.
  • 97 pour cent d'apprenantes.
  • 5 classes d'alphabétisation au moins dans chacun des 45 départements du pays.
  • 78 classes équipées du kit numérique Sankoré dans le pays.
  • 460 à 470 animateurs/enseignants par an ayant reçu 120 à 130 heures de formation spéciale pour le PNEBJA-TIC.

En 2014 :

  • 89 pour cent de taux moyen de fréquentation, soit une nette amélioration des chiffres des années précédentes.
  • 86,5 pour cent de taux d'achèvement du niveau de compétences requis.
  • 96 pour cent d'enseignants/animateurs participant aux sessions de formation spéciales.
  • 97 pour cent des antennes locales suffisamment dotées en manuels de lecture et de mathématique (en moyenne, 28 manuels par discipline et par classe).
  • 82 pour cent des antennes locales dotées d'une salle de lecture.

En 2015 :

  • Au total, 13.800 inscrits, dont 12.800 femmes.
  • 12.655 participants, dont 12.342 femmes, ont achevé le programme avec succès.

Les communautés locales ont peu à peu adopté les activités du PNEBJA-TIC, grâce notamment au module de formation aux AGR et aux modules sociaux, qui apportent une réponse aux besoins et problèmes les plus pressants de la population. De nombreuses familles et communautés sénégalaises ont pu améliorer leur situation économique et renforcer leurs finances grâce aux compétences acquises par les participants.

Le PNEBJA-TIC a eu un grand impact, en promouvant à la fois l'alphabétisation, la formation professionnelle, l'autonomisation des femmes et la sensibilisation environnementale. Dans le domaine de la santé, le programme a aidé à sensibiliser les communautés et à lutter contre la malnutrition.

De même, le PNEBJA-TIC a profité aux enseignants et animateurs participants en leur offrant une formation spéciale aux TIC et en leur permettant d'obtenir une certification adéquate de leur expérience professionnelle en alphabétisation par le biais de l'initiative VAE.

Défis et leçons apprises

Au cours de la mise en œuvre du PNEBJA-TIC, divers défis ont été identifiés, et de nombreuses leçons apprises. Le rapport d'évaluation 2016 en cite les suivants :

  • Taux moyen d'abandon de 9,48 pour cent et difficultés à promouvoir la participation des hommes, surtout dans les régions aurifères, caractérisées par une forte demande en main d'œuvre, telles que Kédougou et la région du sud-est du pays. Face au taux d'abandon et à la faiblesse relative de la participation masculine, la DALN a organisé des activités de sensibilisation sur l'importance de l'alphabétisation dans plusieurs régions du pays.
  • Manque d'infrastructures électriques robustes. Face à ce problème, certaines collectivités locales ont installé des panneaux solaires pour l'électrification des classes.
  • Difficultés à intégrer l'usage d'Internet au programme du fait que l'accès n'est pas garanti en zone rurale ou reculée. Certaines antennes locales ont pu se connecter à Internet grâce à des clés USB haut débit mobiles.
  • Plus de deux-tiers des membres des comités de gestion ont été formés, mais il convient d'étendre cette formation pour favoriser une meilleure gestion des activités et d'offrir aux comités une formation spéciale en mise en œuvre du module AGR.
  • Niveau de suivi insuffisant du programme.
  • Financement encore insuffisant pour atteindre tous les bénéficiaires potentiels.

L'usage des TIC a été une grande source de motivation pour les participants puisqu'il a encouragé les apprenants à s'inscrire au programme et à le suivre jusqu'au bout. L'apprentissage de l'écriture et du calcul à l'aide du téléphone portable, mais aussi la possibilité de prendre part à une activité économique de leur choix font partie des aspects remarquables qui ont eu un impact direct sur les conditions de vie des participants et sur leur communauté.

Perspectives

Pour l'avenir, la DALN entend continuer à promouvoir la création d'un environnement alphabétisé dans les communautés en dotant ses antennes locales de livres leur permettant d'ouvrir des bibliothèques publiques qui proposent de la littérature en langues nationales.

Récemment, le PNEBJA-TIC a inspiré le lancement de programmes d'alphabétisation similaires dans des pays comme la Gambie, le Togo, le Niger et le Nigeria. Le Sénégal a reçu des délégations gouvernementales de ces pays, qui ont manifesté l'intention d'appliquer l'approche du PNEBJA-TIC en matière d'intégration des nouvelles technologies à leurs programmes d'alphabétisation.

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Pérennité

Depuis sa première année d'exécution en 2013, le programme est parvenu à une synergie accrue des différentes agences techniques intervenant dans sa mise en mise œuvre.

La participation de l'UNESCO a permis de créer et de renforcer des capacités endogènes durables, notamment à travers l'appui aux centres régionaux en matière de formation du personnel. Cela a renforcé le système et l'infrastructure éducatifs nationaux tout en étendant la politique nationale d'alphabétisation à l'ensemble des régions du pays.

Afin de continuer à relever les taux d'alphabétisme du pays et d'améliorer la mise en œuvre du programme, la DALN prévoit d'étendre la portée du PNEBJA-TIC. Elle s'efforce de trouver des ressources financières additionnelles puisque son allocation budgétaire actuelle reste insuffisante pour un programme d'alphabétisation d'envergure nationale, dans un pays aux taux d'alphabétisme relativement faibles. Un investissement annuel de 960.000 dollars a été consenti par le Gouvernement du Sénégal pour les quatre premières années d'exécution du PNEBJA-TIC en vue de pérenniser ses ressources financement.

Sources

Contact

Ly Souleymane
Chargé de communication, Direction de l'Alphabétisation et des langues nationales du Sénégal (DALN)
Cité Keur Gorgui Immeuble Y2, 1er étage
Dakar
Sénégal
Tél : +221 77 651 65 05

Dernière mise à jour : 30 août 2016

For citation please use

U. Hanemann (Ed.).. Last update: 16 mars 2018. Programme national d'éducation des jeunes et des adultes analphabètes articulé aux technologies de l'information et de la communication,Sénégal . UNESCO Institute for Lifelong Learning. (Accessed on: 22 September 2021, 16:27 CEST)

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