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Les villes apprenantes de l’UNESCO répondent au COVID 19 – résultats du webinaire du 15 avril

22 avril 2020

L'Institut de l'UNESCO pour l'apprentissage tout au long de la vie (UIL) a organisé, le 15 avril 2020 et dans le cadre de la série de webinaires qu’il propose actuellement aux membres du Réseau mondial des villes apprenantes de l’UNESCO (GNLC) en réponse à la pandémie de COVID-19, un webinaire consacré au soutien apporté par les établissements d'enseignement supérieur aux communautés locales. L'Institut international de l'UNESCO pour l'enseignement supérieur en Amérique latine et dans les Caraïbes (UNESCO-IESALC) a fourni un aperçu mondial des domaines prioritaires qui a été suivi de présentations sur les initiatives de divers établissements d'enseignement supérieur, dont l'Université américaine du Caire, l'université de Glasgow, la Pontificia Universidad Católica du Chili et l'Université Bahir Dar en Éthiopie. Plus de 150 membres du GNLC de l'UNESCO, représentants de villes et acteurs de l'éducation du monde entier y ont participé.

Dans son allocution d’ouverture, Mme Edith Hammer (UIL) a expliqué que le webinaire allait analyser les diverses manières dont les établissements d'enseignement supérieur soutiennent les communautés locales pendant la pandémie, dans le cadre plus large des stratégies de réponse des villes au COVID-19. S’il est clair que l'épidémie a eu un impact direct sur les étudiants, dont l'apprentissage a été interrompu ou mis en ligne, il est également clair qu’elle a eu une influence sur la capacité des établissements à promouvoir l'apprentissage tout au long de la vie et à s'engager dans les communautés locales. Les établissements d'enseignement supérieur ont une large gamme de ressources à offrir en réponse à la pandémie, y compris une vaste base de recherche et de l’expertise dans différentes disciplines, qui sont susceptibles de façonner le discours public et de contribuer à la diffusion d'informations factuelles et précises. En outre, de nombreuses universités ont déjà de l'expérience dans les méthodologies d'enseignement innovantes : l'apprentissage en ligne et mixte est en place dans de nombreuses institutions, ce qui signifie qu'elles sont bien positionnées pour soutenir les communautés locales et d'autres institutions d'apprentissage face à ce passage soudain et généralisé à l'apprentissage en ligne. Le grand défi pour les établissements d'enseignement supérieur consiste à veiller à ce que le droit à une éducation de qualité et à l'apprentissage tout au long de la vie ne soit pas compromis par cette pandémie.

Mme Hammer a également fourni quelques détails sur le tout nouveau projet de recherche international de l'UIL − mené en partenariat avec l'Université ouverte de Shanghai – consacré à la contribution des établissements d'enseignement supérieur à l'apprentissage tout au long de la vie. Ce projet comprendra une enquête internationale et une analyse détaillée de la manière dont l'apprentissage tout au long de la vie impacte les processus de transformation dans le secteur de l'enseignement supérieur.

Institut international de l'UNESCO pour l'enseignement supérieur en Amérique latine et dans les Caraïbes (UNESCO-IESALC)

Le Dr Francesc Pedró, directeur de l'UNESCO-IESALC, a fait savoir qu’un rapport sur le COVID-19 et l'enseignement supérieur vient d'être publié par l'institut, qui aborde trois thèmes principaux : l'analyse d'impact (les effets de la pandémie sur divers acteurs ainsi que les offres d'enseignement supérieur); les réponses politiques (un panorama des réponses aux niveaux gouvernemental et institutionnel); et les recommandations (toutes fondées sur un ensemble de principes fondamentaux). L'une des principales conclusions du rapport est que les établissements d'enseignement supérieur n'ont pas eu le temps de se préparer à leur fermeture : dans les villes, le nombre d’élèves et d’enseignants concernés a soudainement augmenté − en l'espace de quelques jours vers la mi-mars −. Les institutions ont fait en sorte d’assurer la « continuité des activités » et tenté de contrecarrer les interruptions d’apprentissage en se mettant en ligne, mais un point d’interrogation persiste concernant les capacités. Les pourcentages de ménages disposant d'une connexion Internet par région du monde révèlent qu'en Afrique, en Amérique latine et dans les Caraïbes, en Asie et dans le Pacifique, la majorité des ménages manquent de connectivité.

Le Dr Pedró soutient que les impacts actuels de la pandémie sur l'enseignement supérieur sont faciles à établir, mais qu’il est cependant difficile d'anticiper quels seront les impacts sur quels groupes d'acteurs à moyen et long terme. Il se peut qu'on assiste à une augmentation de la demande d'enseignement supérieur une fois que le virus sera sous contrôle : les jeunes adultes témoins des conséquences économiques du COVID-19 pourraient chercher refuge dans l'enseignement supérieur et attendre une amélioration des perspectives d'emploi avant d’entrer ou de retourner sur le marché du travail. On s’attend, de plus, à ce que les universités voient leurs budgets diminuer, ce qui pourrait s'avérer catastrophique pour les petites institutions privées. L'élaboration de politiques tournées vers l'avenir est nécessaire et repose sur plusieurs principes fondamentaux : garantir le droit à l'enseignement supérieur pour tous ; ne laisser aucun étudiant de côté ; revoir les cadres et les politiques réglementaires actuels ; se préparer à temps pour la reprise des cours en présentiel ; repenser et reconcevoir les processus d'enseignement et d'apprentissage; et générer une plus grande résilience dans le secteur.

Université américaine du Caire, Égypte

Mme Malak Zaalouk, professeure et directrice de l'Institut du Moyen-Orient pour l'enseignement supérieur à l’École supérieure des sciences de l’éducation de l'université américaine du Caire (AUC), a fait savoir que son institution s’était déjà engagée au niveau citoyen et avait mis en place des programmes communautaires avant la propagation du COVID-19 ; ceci a permis à l'université de réagir rapidement à la pandémie. En consultation avec le gouvernement égyptien, l'AUC a été le premier établissement d'enseignement supérieur du pays à procéder à un confinement complet et à un transfert massif vers l'enseignement en ligne, suivi ensuite par d'autres établissements. L'université entretient une communication en ligne régulière sur le COVID-19, tandis que son programme d'éducation des adultes et d'éducation permanente, également mis en ligne, garantit la poursuite des opportunités d'apprentissage pour les communautés locales pendant la pandémie.

Les étudiants ont maintenu leur engagement social au cours des dernières semaines, notamment en mettant en place des campagnes de sensibilisation en ligne sur les effets psychologiques et physiques du virus, ainsi que des mesures préventives. Ils ont également partagé des numéros d'assistance téléphonique fournis par le ministère de la Santé, ont coordonné leurs efforts avec ceux des prestataires de services externes pour fournir les produits essentiels aux personnes âgées, et ont distribué des désinfectants, des masques et d'autres produits d'hygiène aux groupes vulnérables. Dans toutes ces activités, les groupes d'étudiants ont harmonisé leurs actions avec celles des organismes de bienfaisance et d'autres organisations locales.

Dans d'autres contextes de santé, l'université a fourni à sa communauté élargie des services de conseil en ligne pour le bien-être mental, tout en s'efforçant d'étendre la couverture aux écoles locales. D'autres universités publiques égyptiennes ont réagi activement au COVID-19. Les étudiants de l'Université Helwan ont fourni aux professionnels de la santé des équipements de protection, tandis que l'Université Ain Shams a exploré des options pour la production de ventilateurs à des prix abordables. Mme Marie Macauley (UIL), en sa qualité de modératrice du webinaire, a demandé de quelle manière s’est concrétisé l'engagement des étudiants à l'AUC. Mme Zaalouk a répondu qu'il est né en grande partie d'initiatives venues de la base, même si l'institution soutient les clubs d’étudiants qui étaient actifs avant la pandémie et qui travaillaient déjà avec des ONG et des groupes communautaires locaux.

Université de Glasgow, Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord

Prof. Michael Osborne, professeur d'éducation des adultes et d'apprentissage tout au long de la vie et directeur de recherche, École d'éducation, Université de Glasgow, Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord, a donné un aperçu des réponses de son institution au COVID-19. Tout l'enseignement a été transféré en ligne, et l'université a reporté pour une durée indéterminée la préparation de la prochaine rentrée universitaire. De nouvelles dispositions ont été prises en ce qui concerne les examens et les autres contrôles, les étudiants dans le besoin ont reçu des aides financières, les travaux sur le terrain et d’autres événements ont été reportés.

L'université de Glasgow a soutenu l'apprentissage communautaire en adaptant des cours d'intérêt général pour adultes de façon à les rendre accessibles en ligne. « L’art en temps de crise », organisé en collaboration avec le Center for Open Studies et le Hunterian Museum, a lieu sous forme de conférences de 20 minutes, tandis que d’autres conférences sur l’engagement citoyen ou sur des thèmes philosophiques sont ouvertes au public. Pour aider à trouver des réponses au virus au niveau de l'Écosse, la faculté School of Education de l'université de Glasgow coopère avec le gouvernement écossais afin de développer une boîte à outils de communication COVID-19 pour le grand public, de même qu’elle utilise les récentes données des réseaux nationaux et internationaux pour aider les responsables pédagogiques et les décideurs à élaborer des réponses éclairées. Grâce à l’engagement social des étudiants, « Food for Glasgow » a été créé en tant que groupe chargé de coordonner l’approvisionnement alimentaire d’urgence dans la ville, et un soutien a été apporté aux migrants et aux réfugiés.

Enfin, l'université de Glasgow a mobilisé ses compétences en réponse au COVID-19 ; elle travaille avec des établissements de soins pour organiser des sessions de soins de santé mentale à distance (dirigées par la School of Engineering), héberge un important centre de dépistage du coronavirus, fait avancer les progrès médicaux au sein de son Centre de recherches sur le virus, fournit des recommandations sur les « solutions de réseautage improvisées » pour les hôpitaux provisoires et les centres de dépistage sur les parkings, et conseille le gouvernement municipal sur l'utilisation de véhicules pour assurer le transport des agents de santé, qui sont indispensables.

Pontificia Universidad Católica de Chile, Chili

Le Prof. Patricio Donoso Ibáñez, directeur de la gestion institutionnelle à la Pontificia Universidad Católica de Chile, a expliqué les différents moyens utilisés par l'université pour fournir des opportunités d'apprentissage aux communautés locales pendant la pandémie. Il a fait remarquer que l'enseignement en ligne a commencé beaucoup plus tôt que dans d'autres institutions du monde : en raison des troubles sociaux, de nombreux cours ont été mis en ligne à la fin de l'année dernière. Actuellement, l’université propose des formations en ligne, des webinaires et des vidéos accessibles à différents groupes d'apprenants et qui traitent de sujets liés au virus, y compris l'utilisation adéquate des équipements de protection individuelle et les soins respiratoires de base pour les personnes gravement malades. La Pontificia Universidad Católica de Chile propose 20 formations en ligne ouvertes à tous (MOOC) sur la plate-forme Coursera, ainsi que 35 autres cours en ligne destinés à aider les petites et moyennes entreprises à faire face au COVID-19.

L'université a apporté son soutien aux quartiers et aux familles grâce à une formation liée à la santé mentale et à la prévention de la violence domestique, et soutient l'effort national du Chili : elle participe au comité gouvernemental national et s’investit pour faire augmenter le nombre de tests, améliorer le dépistage des cas de COVID19 et le traçage des contacts, et elle prend part à des projets de recherche interdisciplinaires. L’initiative intersectorielle « Project Hope » - est un effort conjoint entre l'université, une société minière internationale et les autorités sanitaires locales qui vise à mettre en place des systèmes communautaires de dépistage et de surveillance de grande envergure. Parmi les autres actions médicales entreprises à l’université, il convient de mentionner les travaux menés par l’École de biologie pour trouver un vaccin contre le virus ainsi que la confection et la distribution, par les étudiants, de kits d’auto-prise en charge pour les personnes vulnérables.

Université Bahir Dar, Éthiopie

M. Abiy Menkir Gizaw, chargé de cours et directeur des services communautaires du Département d’éducation des adultes et du développement communautaire à l'université Bahir Dar, a présenté la situation actuelle dans son établissement, qui a interrompu tous les cours et fourni aux étudiants du matériel leur permettant de poursuivre leurs études à distance. Des brochures contenant des informations sur le COVID-19 ont été distribuées aux étudiants et aux membres de la communauté locale, et les experts médicaux de l’université ont dispensé des formations aux professionnels de santé régionaux. À l’instar des autres institutions participant à ce webinaire, l'université de Bahir Dar a mobilisé des étudiants bénévoles pour aider la communauté à faire face à la pandémie – en l’occurrence, dans les domaines de la santé et de l’ingénierie textile. Malheureusement, des problèmes techniques ont écourté la présentation de M. Gizaw, mais vous trouverez plus d'informations sous ce lien

Débat

La modératrice, Mme Macauley, a ouvert le débat en demandant aux participants si les étudiants étaient restés sur le campus ou s’ils étaient rentrés chez eux au fur et à mesure que la pandémie se développait, et comment les initiatives avaient été mises en œuvre au niveau logistique. Mme Zaalouk a répondu que les étudiants de l'université américaine du Caire, pas plus que les enseignants/professeurs, n'étaient autorisés à rester sur le campus afin de préserver la santé de tous les étudiants et du personnel. Depuis, toutes les communications ont été effectuées en ligne, avec le soutien technique de l'université. Une autre question a été posée quant aux capacités des établissements d’enseignement supérieur à communiquer avec les étudiants qui n’ont pas accès à Internet ; M. Ibáñez a expliqué que la Pontificia Universidad Católica de Chile s’efforçait de repérer les étudiants ayant des problèmes de connexion – ce qui est tout à fait possible étant donné son rôle déjà actif dans les communautés locales − et d’allouer des ressources destinées à les aider, par exemple en installant des connexions par satellite dans certaines régions. Le professeur Osborne a noté qu'à l'université de Glasgow, des initiatives moins formelles, ainsi que l’étroite collaboration avec les organisations communautaires, se sont révélées efficaces. En réponse à une question sur les dispositions prises par les universités sur le long terme, Mme Zaalouk a affirmé qu'un éventuel retour à l'apprentissage en présentiel nécessitera une planification minutieuse, tandis que le professeur Osborne discernait deux phases dans la réponse au COVID-19 : la première phase se concentre sur l’enseignement et l’apprentissage de qualité, la seconde s'intéressant davantage à l'impact à long terme de l'engagement social avec les communautés.

Webinaires du GNLC

Cet événement en ligne faisait partie de la série de webinaires du GNLC intitulée « Les villes apprenantes de l'UNESCO répondent au COVID-19 ». Conçus comme une opportunité, pour les membres du Réseau mondial des villes apprenantes de l'UNESCO (GNLC), de partager des initiatives locales réussies pendant la pandémie, les webinaires attirent régulièrement des centaines de représentants de villes et d'autres parties prenantes. Des villes de différentes régions du monde font des présentations et les participants prennent part à des débats stimulants sur la meilleure façon de faire face à la situation actuelle − à savoir, comment atténuer ses pires effets et, d'une certaine manière, saisir des opportunités inattendues. Cliquez sur les liens ci-dessous pour lire les résumés des cinq précédents webinaires.

Reponses des villes apprenantes de l’UNESCO au COVID-19. Les cas de Mexico (Mexique), Bogotá (Colombie), Lima (Pérou) – Résultats du webinaire du 9 avril l 

Réponses des villes apprenantes de l’UNESCO au COVID-19 : apprentissage familial et soutien de la communauté. Les cas de  Gdynia (Pologne ) et  Cork (Irlande), ainsi que des constributions par des experts d’Allemagne et du Pakistan. Résultats du webinaire du 8 avril.

Réponses des villes apprenantes de l’UNESCO au  COVID-19 : équité et inclusion.  Les cas de  Espoo (Finlande), Chengdu (République populaire de Chine), Swansea (Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord. ). Résultats du webinaire du 1er avril.

Réponses des villes apprenantes de l’UNESCO au COVID-19. Les cas de Osan (République de Corée), Wuhan (République populaire de Chine ,Turin (Italie), São Paulo (Brésill). Résultats du webinaire du 24 mars

Réponses des villes apprenantes de l’UNESCO au COVID-19. Les cas de Shanghai et Pékin  (République populaire de Chine), Fermo (Italie), Kashan (République islamique d’Iran. Résultats du webinaire du 19 mars.

Ne manquez pas l’occasion de participer à nos prochains webinaires. Pour plus de détails, consultez le site https://uil.unesco.org/fr/evenement/webinaire-villes-apprenantes-lunesco-repondent-au-covid-19

Regardez nos entretiens vidéo avec les maires et d’autres représentants des villes apprenantes de l’UNESCO sur les réponses au COVID-19 sous https://www.youtube.com/playlist?list=PLivu_GCiL2mjYQOp64hcvzGNsC75QKSLw

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