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Les villes apprenantes de l’UNESCO répondent au COVID-19 : Résultats du webinaire du 29 avril

14 mai 2020

Dans le cadre de sa série de webinaires actuellement en cours et destinée aux membres du Réseau mondial des villes apprenantes de l’UNESCO (GNLC), l’Institut de l’UNESCO pour l’apprentissage tout au long de la vie (UIL) a organisé le 29 avril 2020 un webinaire sur la santé mentale, la santé physique et le bien-être en cette période de coronavirus. Un aperçu de l'impact de la crise du COVID-19 sur certains groupes vulnérables a été présenté par l'Organisation mondiale de la santé (OMS), qui a exposé les mesures sanitaires qui pourraient être prises par les villes pour faire face à ce défi.

Des représentants des villes membres du GNLC de l'UNESCO, notamment Swansea (Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord) et Manizales (Colombie), ont ensuite présenté plusieurs mesures allant dans ce sens, suivies d’une présentation de Charter for Compassion, organisation qui plaide en faveur d’un monde plus compatissant et qui s’emploie à soutenir les personnes qui ont du mal à supporter cette période de pandémie.

Christina Drews (UIL) a ouvert le webinaire en faisant un lien entre la pandémie actuelle et le Programme de développement durable à l'horizon 2030 : depuis toujours, a-t-elle dit, il est vrai qu’il ne peut y avoir de développement durable sans la santé, mais cette réalité prend aujourd’hui une nouvelle signification du fait que nous affrontons une crise sanitaire sans précédent et lourde de conséquences.

La distanciation physique est certes nécessaire pour empêcher la propagation du virus, mais elle risque d’avoir une incidence sur la santé mentale des individus, et le fait qu’on ne connaisse pas la durée d'incubation du COVID-19 – à savoir lorsqu’une personne peut avoir contracté le virus mais n'a pas encore manifesté de symptômes − peut provoquer de l'anxiété. Dans les cas extrêmes, la distanciation sociale équivaut à l'isolement social. Pour répondre aux défis que le COVID-19 pose pour notre santé mentale, notre santé physique et notre bien-être, la résilience est essentielle ; or il est possible de renforcer la résilience grâce à de solides programmes d'apprentissage tout au long de la vie. Lorsqu'il est encouragé à l'échelle municipale, l'apprentissage tout au long de la vie peut contribuer à transformer les zones urbaines en espaces humains résilients.

Organisation mondiale de la santé (OMS)

Mme Monika Kosinska, responsable de programmes, Gouvernance pour la santé, Division de la politique et de la gouvernance pour la santé et le bien-être à l'OMS, a évoqué les multiples sources d’inquiétude créées par la pandémie : le virus lui-même, le poids que représente le COVID-19 pour les services de santé, les tensions causées par l'éloignement physique et la crise économique émergente. Malgré l'incertitude et la complexité de la situation actuelle, les villes peuvent jouer un rôle clé pour soutenir les efforts de réponse et de relance. En tant que niveau de gouvernement le plus proche des citoyens et des partenaires opérationnels des gouvernements nationaux, les villes jouent un double rôle par rapport au COVID-19 : (1) répondre aux préoccupations immédiates, et (2) renforcer la résilience et la durabilité au sein des communautés. Les principales actions qui incombent aux villes comprennent le soutien aux mesures de santé publique, l'amélioration de la capacité d’intervention rapide dans les systèmes de santé et l'aide aux groupes vulnérables.

Le COVID-19 a un impact significatif sur la santé mentale publique, les principaux impacts psychologiques étant des taux élevés de stress et d'anxiété, et des niveaux considérables de solitude, de dépression, de consommation nocive d'alcool et de drogues, d'automutilation et de comportement suicidaire, notamment en ce qui concerne les travailleurs en première ligne souvent soumis à une pression extrême, et les groupes vulnérables susceptibles de connaître les niveaux de stress les plus élevés. Les gouvernements municipaux sont des prestataires majeurs de services, et il est indispensable de renforcer le soutien communautaire pour aider à résoudre ces problèmes.

Pour conclure, Mme Kosinska a rappelé que les stratégies des villes pour lutter contre le COVID-19 doivent être à la fois durables et répondre à la «nouvelle normalité» de la vie en présence du virus.

Swansea, ville apprenante de l’UNESCO, Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord

Mme Julia Pridmore, directrice de l’Académie de la santé et du bien-être au Collège des Sciences humaines et de la santé (CHHS) de l’université de Swansea, a tout d'abord expliqué que son institution travaille en partenariat avec le Service national de santé (NHS), ainsi qu’avec le secteur tertiaire et le secteur privé dans le but de préserver la santé et le bien-être en tirant parti des ressources universitaires et en soutenant le développement régional.

La pandémie constitue un appel à l'action pour que la science de la santé mentale trouve les moyens les plus efficaces et les plus individualisés de faire face à l'isolement social et à l'anxiété provoqués par le COVID-19; par exemple, en repérant les personnes souffrant de solitude afin d'intervenir suffisamment tôt. La recherche peut également aider à montrer l'impact de la pandémie de COVID-19 et des restrictions qui lui sont liées sur le bien-être des individus, des familles et des communautés, a poursuivi Mme Pridmore. Au Royaume-Uni par exemple, l’étude de la Understanding Society (la plus grande étude longitudinale du genre) fournira aux chercheurs et aux décideurs des données sur les changements et la stabilité de la vie des habitants du Royaume-Uni, y compris pendant la pandémie. Les données devraient être disponibles fin mai.

Au Pays de Galles, l'accent a été mis sur l'autonomisation des communautés ainsi que sur la littératie en santé mentale et la promotion du bien-être par le travail. Des commissions des services publics ont été créées afin d’effectuer des « évaluations du bien-être » de leurs autorités locales et de publier un plan local annuel dans le cadre de la loi sur le bien-être des générations futures (Pays de Galles).

Reprenant le terme utilisé par Mme Kosinska, Mme Pridmore a qualifié l’époque actuelle de « nouvelle norme » et a appelé les participants à concevoir le bien-être en corrélation avec des questions plus vastes telles que la dégradation de l'environnement et le changement climatique anthropique, l'écart entre les sciences psychologiques et la santé de la population, le rôle de l'identité de la société dans le développement du sens et du but de l’existence, et l'importance des liens sociaux pour le bien-être.

Manizales, ville apprenante de l’UNESCO, Colombie

M. Camilo Younes Velosa, vice-recteur de l'université de Manizales, a expliqué que la ville de Manizales a, entre autres, fourni des ressources aux familles à faible revenu, soutenu des plans d'action institutionnels et préparé une stratégie de soins intensifs afin de lutter contre la pandémie de COVID-19.

À Manizales, où une personne sur 10 participe d’une manière ou d’une autre au système d'enseignement supérieur, les universités sont des acteurs essentiels et visibles dans la coordination des réponses à la pandémie. Des initiatives universitaires ont mis en place des mesures pour soutenir les étudiants sans accès à Internet chez eux, mais aussi les nombreuses personnes sans emploi formel qui sont plus sujettes à l'insécurité financière et à l'anxiété. L’initiative de « télésanté » − coordonnée par les deux universités et les écoles de médecine de Manizales − soutient la santé psychologique des citoyens. Elle a eu un impact significatif dans toute la ville et apporté son aide, jusqu'à présent, à plus de 47 000 personnes. Citant en exemple les étudiants qui se portent volontaires pour acheter et livrer de la nourriture aux personnes qui ne peuvent pas aller au supermarché, M. Younes a affirmé que, parmi les efforts déployés pour répondre au COVID-19, la résilience était l'objectif, mais qu’il faut être solidaire si l’on veut devenir résilient.

Charter for Compassion

Mme Marilyn Turkovich, directrice générale de Charter for Compassion, a expliqué que Charter for Compassion est une organisation parapluie qui permet aux gens de collaborer en partenariat dans le monde entier. Son programme de « formation à l’intégrité » d’une durée de 10 semaines et dispensé en ligne, est axé sur la compassion pour soi-même et pour les autres, et cherche plus spécifiquement à faire comprendre de quelle manière la compassion peut aider à transformer et à soutenir les institutions. De plus, des séances de méditation en ligne sont organisées à différents moments de la journée pour pouvoir être suivies dans différentes régions du monde. En participant à ces initiatives, les individus ont réalisé que les angoisses et les préoccupations face au COVID-19 sont partagées à travers le monde entier. Mme Turkovich a souligné les difficultés que rencontrent actuellement les parents obligés de  s'adapter au fait que leurs enfants doivent recevoir un enseignement scolaire à la maison ; en Amérique du Nord, seuls très peu d’établissements scolaires étaient préparés à être fermés, de sorte que, dans de nombreux cas, aucune mesure adéquate n'était en place pour l'enseignement à distance. La responsabilité accrue des parents dans l’apprentissage de leurs enfants montre, entre autres, à quel point la vie des populations est devenue complexe au cours de ces derniers mois.

Débat

La première question de la modératrice, Mme Marie Macauley (UIL), a concerné le dernier point abordé par Mme Turkovich sur le bien-être des parents et des enfants. Soulignant le fait que les enfants dont l’enseignement se déroule à la maison peuvent utiliser les médias numériques d'une manière qui n'est pas toujours la plus productive, elle a demandé aux participants de faire part de leurs suggestions pour éviter la surutilisation des solutions numériques.

Mme Pridmore a fait connaître les résultats de l'enquête de la Understanding Society, qui a révélé que les jeunes générations trouvent du réconfort dans la communication numérique, mais qu’on devrait les aider à compartimenter la journée et à identifier les sources d'informations numériques utiles. Dans les conditions actuelles où l’on peut passer toute la journée et la soirée devant un écran, les usagers devraient se demander s’ils font une utilisation appropriée de leurs appareils; cela contribuerait à préserver leur bien-être.

M. Younes a affirmé que les enseignants et les professeurs ont la responsabilité d'identifier les réalités actuelles auxquelles sont confrontées les familles et de s'adapter en conséquence, par exemple en utilisant différents canaux de communication en fonction des préférences des apprenants, même s’il a reconnu que c’est une charge de travail supplémentaire pour les enseignants. Mme Kosinska a expliqué que nous sommes loin d’être sortis de la crise et que, par conséquent, les outils numériques que nous utilisons continueront longtemps encore d'être les principaux canaux de communication et d'apprentissage. Mme Turkovich a suggéré une autre approche pour préserver le bien-être : plutôt que d’organiser des leçons nécessitant la présence constante de l'apprenant devant un ordinateur, l'enseignant peut fixer des objectifs et des tâches que les apprenants peuvent ensuite effectuer en quittant leur écran. Il n'est donc pas indispensable de rester devant un ordinateur toute la journée.

Mme Marie Macauley a clôturé la session en informant les participants que l'UIL continuerait de compiler des ressources et de développer des études de cas sur les réponses des villes au COVID-19 dans les semaines et les mois à venir.

Webinaires du GNLC

Ce neuvième événement en ligne faisait partie de la série de webinaires du GNLC intitulée « Les villes apprenantes de l'UNESCO répondent au COVID-19 ». Conçus comme une opportunité, pour les membres du Réseau mondial des villes apprenantes de l'UNESCO (GNLC), de partager des initiatives locales réussies pendant la pandémie, les webinaires attirent régulièrement des centaines de représentants de villes et d'autres parties prenantes, y compris des non-membres. Des villes de différentes régions du monde font des présentations et les participants prennent part à des débats stimulants sur la meilleure façon de faire face à la situation actuelle − à savoir, comment atténuer ses pires effets et, d'une certaine manière, saisir des opportunités inattendues. Cliquez sur les liens ci-dessous pour lire les résumés des sept précédents webinaires.

Réponses des villes apprenantes de l’UNESCO au COVID-19 : mesures déployées par les villes pour les migrants et réfugiés dans le contexte de la pandémie du COVID-19. Résultats du webinaire du 22 avril.

Réponses des villes apprenantes de l’UNESCO au COVID-19 : soutien des établissements d’enseignement supérieur aux communautés locales. Résultats du webinaire du 15 avril.

Réponses des villes apprenantes de l’UNESCO au COVID-19. Les cas de Mexico (Mexico), Bogotá (Colombie), Lima (Pérou). Résultats du webinaire du 9 avril. 

Réponses des villes apprenantes de l’UNESCO au COVID 19 : apprentissage familial et soutien de la communauté. Les cas de Gdynia (Pologne) et Cork (Irlande), ainsi que contributions par des experts d’Allemagne et du Pakistan. Résultats du webinaire du 8 avril.

Réponses des villes apprenantes de l’UNESCO au COVID 19: équité et inclusion. Les cas de Espoo (Finlande), Chengdu (République populaire de Chine), Swansea (Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord). Résultats du webinaire du 1er avril.

Réponses des villes apprenantes de l’UNESCO au COVID 19. Les cas de Osan (République de Corée), Wuhan (République populaire de Chine), Turin (Italie), São Paulo (Brésil). Résultats du webinaire du 24 mars.

Réponses des villes apprenantes de l’UNESCO au COVID 19. Les cas de Shanghai et Pékin  (République populaire de Chine), Fermo (Italie), Kashan (République islamique d’Iran ). Résultats du webinaire du 19 mars.

Ne manquez pas l’occasion de participer à nos prochains webinaires. Pour plus de détails, consultez le site  https://uil.unesco.org/fr/apprendre-au-long-vie/villes-apprenantes/villes-apprenantes-lunesco-repondent-au-covid-19

Regardez nos entretiens vidéo avec les maires et d’autres représentants des villes apprenantes de l’UNESCO sur les réponses au COVID-19 sous https://www.youtube.com/playlist?list=PLivu_GCiL2mjYQOp64hcvzGNsC75QKSLw

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